<p>ARTI DÉMOCRATE</p>
<p>PARTI DÉMOCRATE</p>
Quelques notations internationales et européennes, en vrac.
1) Impressions, d’abord de Dublin, où j’ai passé plus d’une journée. L’accueil irlandais est toujours charmant, le pays continue de changer et de rajeunir, l’économie reste prospère et proche du plein-emploi. Mais tous mes interlocuteurs, nombreux – universitaires, ministres, parlementaires, diplomates, journalistes – éprouvent le même sentiment : le référendum sur le traité modificatif européen – qu’ils appellent traité réformateur – sera une dure épreuve.A priori, l’obstacle ne paraît guère impressionnant : l’Irlande est proeuropéenne, elle sait ce qu’elle doit à l’Union, l’ensemble des partis politiques soutient le « oui ». Et pourtant, l’inquiétude est là, la surprise d’une victoire du « non » est redoutée. Est-ce à propos du texte ? Non, celui-ci, par définition, n’est pas connu – sa consolidation reste à faire, le traité n’est pas signé, la campagne n’est pas commencée, plus de 60 % des Irlandais ne connaissent pas ce traité. Ce qui menace, c’est plutôt un vote de contexte : un Premier ministre affaibli par des affaires, une conjoncture économique qui, pour la première fois depuis 15 ans, est un peu moins favorable, une méconnaissance de l’Europe qui crée de l’incertitude : « vote no if you don’t know ». Bref, cela m’a rappelé quelque chose. Et ne m’a pas donné la nostalgie de la procédure référendaire.
2) Impressions sur la politique étrangère de Sarkozy, que je persiste à trouver erratique. La Russie, en premier lieu. Le Président de la République a téléphoné à Vladimir Poutine juste après le résultat des élections russes – pour le féliciter sans doute – alors qu’Angela Merkel marquait vigoureusement sa désapprobation. Étrange coup de fil ! D’abord, parce que le déroulement de ces élections a été pour le moins critiquable : campagne populiste, nationaliste et autoritaire du parti au pouvoir, intimidation, y compris physique, des opposants, matraquage médiatique, bourrage des urnes – en Tchétchénie, 99 % de participation, 99 % pour Poutine, tout un symbole – le retour à l’autocratie est en marche, la « verticale du pouvoir » s’impose de manière quasi-dictatoriale, les libertés s’éteignent petit à petit. Cela valait-il vraiment un coup de chapeau ? J’aurais pour ma part préféré un coup de semonce ! Ensuite, parce que Nicolas Sarkozy s’éloigne tous les jours de la politique éthique, du souci des droits de l’homme qu’il affichait dans sa campagne. Il refusait alors de frayer avec des dictateurs et promettait une relation plus distanciée et ferme avec Poutine. Comme ce fut le cas en Chine, la logique économique, la fascination pour la puissance, écrasent tout. Le Président de la République a, tous les jours, de nouveaux « potes » - Khadafi, Idriss Déby, Chavez, Poutine: c'est du Chirac, en pire.
Le voyage en Algérie, ensuite. Ce n’est pas une franche réussite, et c’est logique. Ce voyage devait-il avoir lieu ? Je n’en suis pas toujours persuadé. En effet, les consternantes déclarations antisémites d’un ministre algérien influent, s’en prenant aux origines de Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner pour fustiger la prégnance d’un « lobby juif » sur la politique étrangère de la France, n’ont été que très mollement démenties par le Président Bouteflika, alors qu’un désaveu radical de ces propos inacceptables s’imposait. Il était, c’est vrai, difficile, tant cette tonalité, du moins à l’état latent ou subliminal, est hélas présente dans certaines sphères du pouvoir algérien – je puis en témoigner directement après m’être rendu à Alger avec François Hollande à l’été 2006. Il y avait là une provocation, un signal qu’il ne fallait pas laisser passer. Nicolas Sarkozy a sans doute hésité à annuler sa visite, redoutant de donner ainsi un message négatif aux Algériens. Qu’aurais-je fait à sa place ? Je ne sais. En tout cas, tout cela laissait augurer un climat malsain.
C’est
bien ce qui s’est passé sur place. Accueil
glacial, malgré une bonne moisson de contrats, insistance
répétée sur la question de la « repentance ».
Je veux préciser, sur ce sujet, les déclarations que
j’ai faites au « Monde ». En effet, j’ai
sur cette question un vécu, presque une génétique,
puisque ma mère fut une des signataires de l’appel des 121
contre la guerre d’Algérie. Il faut un discours fort sur
cette guerre, dénonçant la colonisation, l’oppression,
l’injustice, la torture : ce fut une sale guerre, menée
salement. Nicolas Sarkozy, qui hier refusait toute repentance, a fait
un premier pas, malheureusement mal préparé, et
prononcé des paroles justes. La difficulté est que pour
le pouvoir algérien attend autre chose, et toujours plus, la
reconnaissance d’une responsabilité unilatérale,
absolue, de la France, négligeant les responsabilités
qui ont pu aussi exister du côté algérien. C’est
pourquoi, oui, je crois qu’il faut éviter
l’auto-flagellation, mais en trouvant la bonne meusre, bref un
discours fort, engagé, pas une génuflexion. Cette
question est importante, elle ne saurait résumer nos
relations : il faut aider l’Algérie à se
développer, encourager la démocratie – le système
est encore très opaque, policier et répressif – nouer
des liens avec une jeunesse qui a aujourd’hui d’autres
préoccupations que cette douloureuse histoire commune. Sur
tous ces plans, la visite de Sarkozy n’est pas un succès.
Compromission en Russie, hésitations en Algérie :
ce n’est pas une bonne semaine pour notre diplomatie.

Je partage l'avis de Raphael.J'ajoute que cette façon de faire ressemble à du Chirac.Sarkozy n'a pourtant cessé d'evoquer la rupture y compris en politique etrangere..à l'entendre, il allait enfin etre question de la promotion des droits de l'homme et de la defense de la democratie.
Or que retrouve t-on?un VRP de luxe (à quand les pas de danse avec le president chinois ) justifiant l'annexion du Tibet et refusant de recevoir le dalai lama (contrairement à Mme Merkel qui, bien qu'etant de droite, mene une politique etrangere plutot progressiste il faut le noter)..Kouchner avouant lui meme que les droits de l'homme n'etaient pas un dossier d'actualité pour le voyage en Chine mais egalement un president irresponsable n'hesitant pas à feliciter "chaleureusement" un apprenti dictateur russe.
Une fois de +, Sarkozy a trompé les francais....il y'a eu les discours, il y'a maintenant les actes.
Rédigé par: Seb | 07 décembre 2007 à 22:31
Une petite erreur s'est glissée dans mon commentaire précédent.
Il s'agissait bien de Ameziane* Mhenni et non pas de Ferhat le père.Mes excuses aux lecteurs de ce post.
*Ameziane MHENNI, 30 ans, fils du chanteur emblématique Ferhat, a été assassiné le 19 juin 2005 boulevard de clichy à Paris.
Rédigé par: tassadit | 07 décembre 2007 à 13:47
Je suis fière de l'accueil réservé à sarkozy lors de sa visite en Algérie.Ce fur un réel régal pur des millions d’algériens.
Je suis ravie que des étudiants et des enseignants de Constantine aient réservé un accueil des plus froids à Nicolas Sarkozy.Même si je n’ai aimé du tout,ce tam-tam de pancartes anti-sémites affiché par certains étudiants intégristes.
Mais Les Algériens aussi y compris les millions d’analphabètes ne sont pas dupes, ils savent décrypter les attitudes racistes des dirigeant français…Sarkozy est un personnage à part allergique aux "tiers-mondistes.
Il a une attitude de principe plus hostile qu’amicale face à l’afrique Il suffit de voir sa politique sur l’immigration, puis l’ADN,Il suffit d’évoquer son discours de Dakar, dont les considérants paternalistes et coloniaux, qui révélaient le mépris de l’Africain, avaient suscité une juste indignation bien au-delà du Sénégal, ou son appui déclaré à la politique marocaine envers le Sahara occidental, ou encore ses proclamations réitérées d’inféodation aux USA et à Israël, émaillées de propos islamophobes, pour dissiper tout doute quant aux intentions du personnage.Pourtant dans un contexte international marqué par l’incertitude et la crispation identitaire, il serait essentiel et utile de trouver une plateforme commune entre les deux rives de la Méditerranée. La France a toujours eu un rôle prépondérant sur l’échiquier international, mais cet état mielleux s'est considérablement dégradé ces dernières années.
Pour revenir à L'Algérie,ce pays n'a jamais été un partenaire exclusif de la France et a fait ces dernières années le choix de diversifier ses relations avec tout une série de puissances mondiales et de pays émergents...
La France pour moi s’est définitivement éloignée de l’Algérie durant les années 80/90 lorsque le terrorisme frappait de plein fouet le peuple Algérien.Pendant que des centaines d’algériens tombaient sous les balles lâches des terroristes Islamistes,la France de Mitterrand et ses sbires,accordaient des visas massifs aux barbus du FIS… Malgré mon jeune age de l’époque Je me rappelle de ce titre d'un grand journal francophone algérien:La France sert-elle de barrière aux islamistes du FIS ? ».
Et puis qui ne se rappelle pas de ces crimes d’états (avec un S SVP)savamment orchestrés par les services secrets de plusieurs pays(dont la France,?).Oui,qui ne se souvient pas par ex de Mohamed BOUDiaf.Ou sont passés tous les autres démocrates du maghreb?Ben barka,krim Belkacem,abane Ramdane,Mhenni Ferhat assassiné il n'ya 3 ans dans les ruelles de Paris...?.
La France aime les dictateurs africains.La france adore les généraux du pouvoir Algériens.Le problème Kabyle par ex est banni des visites officielles étatiques ...La langue amazigh réclamée par des millions de berbères est interdite de la constitution Algérienne.Mais tout le monde s'en moque,Personne ne sait des milliers de gens sont humiliés et méprisés quotidiennement.La kabylie perd de plus en plus toutes ses lumières démocratiques(assassinats,arrestations,fuite des cerveaux).Et selon mes dernières infos le pouvoir Algérien serait entrain de préparer stratégiquement les pires saloperies idéologiques(éducation islamique)aux kabyles...du pur bourrage de crane...Une bonne manière pour les Boute-flic-istes d'étouffer les dernières forces progressistes d'Algérie.La résistance pacifiste des kateb yacine,Mouloud Maameri,Boucebci,Matoub,Ait Menguelet...commence à palir,car les gens finissent par abandonner le flambeau démocratique.Le pouvoir arabo-bâathiste Algérien a toujours préféré dans un sens travailler avec les endoctrineurs du FIS, Plutôt qu'avec les démocrates du FFS et du RCD.
Bouteflika aime choyer les égorgeurs du FIS plutôt que les intellectuels Algériens fervents défenseurs des droits de l’homme.
Pour revenir à la visite de Sarkozy en Algérie,ce dernier est un fin stratège car il n'a cessé durant ses discours de campagne électorale de s'adresser aux électeurs du FN.Quant à Boutef l'autre grand manipulateur ,Il n'a cessé lui ces derniers mois de prononcer des discours pro-intégristes,ultra nationalistes.L’allusion à Israel dans les propos de Mohamed Chérif Abbès(ce ministre Algérien) résume toute la méfiance algérienne vis-à-vis du projet d’Union méditerranéenne qui rencontre beaucoup de réticences en Algérie…Mohamed Chérif Abbès, chargé sans doute d’apporter la réplique au complexe de supériorité de Sarkozy vis à vis de l'histoire Algérienne, a exploité tout cela à sa manière, pour des objectifs politiciens,en leur donnant une teinte islamo-conservatrice, haineuse, odieusement antisémite, croyant ainsi caresser la fibre populiste dans le sens du poil.
Je déteste les dictateurs du pouvoir Algérien mais pour fois.... je... suis très ravie de voir un président français comme Nicolas Sarkozy courber l'échine devant l'Algérie du gaz.Je reste encore traumatisée par son discours de dakar...
Rédigé par: tassadit | 07 décembre 2007 à 12:43
oui, ça va mal, et sego vient nous livrer ses états d'âme sur la 2 en prime time, finissant d'achever l image de la gauche
Rédigé par: sasha | 07 décembre 2007 à 08:23
Puisque nous sommes dans des quelques notes sur la politique étrangère, je voudrais faire part d’une profonde colère que j’ai ressentie en écoutant le Président de la République lors de son allocution télévisée, et qui pourrait peut-être être un angle d’attaque pour le Parti Socialiste.
En effet, Nicolas Sarkosy parlant de ces voyages ne parlait uniquement que de contrats. D’une part, il s’attribue le mérite de longues négociations (cf interview de Laurence Parisot sur les 4 vérités), alors que si il a certes accéléré le mouvement, ce n’est pas pour autant lui qui a « fait » ses contrats.
D’autre part, le rôle premier d’une diplomatie est-il de rapporter des contrats ? Pas si sur, et prenons garde qu’à force de coups médiatiques, les français n’aient pas cette vision des affaires étrangères.
Certes, les rapports financiers font parti d’une politique étrangère, mais comme tant d’autres éléments. Prenons donc garde, et pour la France, et pour nous.
Rédigé par: Raphaël | 07 décembre 2007 à 01:20