La décomposition de la situation politique et morale du pouvoir se poursuit hélas, avec même une vitesse accrue. Deux événements sans relation en témoignent. Le premier, le principal bien sûr, est l’invraisemblable refus du Président d’accepter la décision, pourtant singulièrement tempérée, du Conseil constitutionnel à propos de la mauvaise loi Dati sur la rétention de sûreté. Le second est l’insulte faite par Nicolas Sarkozy au Salon de l’agriculture à un citoyen qui refusait – crime de lèse-majesté on en conviendra – de lui serrer la main. Nous entrons, avec ce non-Président de la République, dans le temps du mépris. Voyons en aujourd’hui les manifestations, avant d’en examiner demain les conséquences.
Je reviens d’abord sur la saisine du Premier président de la Cour de cassation pour contourner la censure partielle du Conseil constitutionnel sur la rétention de sûreté. Cette loi, inspirée par l’ex-juge Fenech et l’extrême droite judiciaire, rompt, je ne cesse de le dire, avec notre tradition de justice des libertés. Selon celle-ci, les choses sont simples : une faute, délit ou crime, est commise, la justice passe, la peine se déroule, une fois exécutée la libération est un droit. Avec la rétention de sûreté, on passe à autre chose. Un criminel pédophile peut être maintenu en détention non pour ce qu’il a fait mais pour ce qu’il pourrait faire, en fonction de sa dangerosité supposée. C’est une sale loi, qui rétablit la lettre de cachet, la détention à vie, qui joue sur les émotions, une fois de plus, au détriment des libertés. La gauche a saisi le Conseil constitutionnel, qui n’a pas osé remettre en cause le principe – j’en suis déçu, je l’accepte – mais a encadré la rétention de sûreté, et empêché, au nom de la non-rétroactivité des lois, qu’elle soit applicable aux condamnés avant la loi. Mais voilà, Sarkozy en difficulté dans l’opinion, engage, comme le dit « le Figaro » un bras de fer avec la gauche sur la sécurité, et demande au Premier président de la Cour de cassation de lui indiquer les moyens de droit pour faire exécuter immédiatement la peine. Nous en sommes là, avec en prime une sombre polémique entretenue par la si charmante et fine Nadine Morano et, plus surprenant, par Étienne Mougeotte, rangeant les socialistes dans « le camp des assassins » - rien que ça ! Résumons. Au départ, une loi dégueulasse. Puis une décision modérée du Conseil constitutionnel, qui s’impose à tous. Et la machine s’emballe. Le Président de la République, gardien de nos institutions, refuse la décision des sages et s’adresse au premier magistrat de France pour l’aider à la contourner. Tout cela est vertigineux, lamentable, triste. Oui, comme le dit Robert Badinter avec sa force habituelle : « nous vivons une période sombre pour notre justice ». J’ajoute, pour ma part, que c’est une période sombre pour la République et la démocratie en France.
Plus anecdotique est apparemment l’affaire du salon de l’agriculture. Elle est simple. Dans les travées de cette importante manifestation, un citoyen, sans doute pas sympathique, refuse sa main au Président – « me touche pas, tu me salis » - et celui-ci lui rétorque – « alors casse-toi, pauvre con ». Étrange époque, où l’on peut ainsi apostropher le chef de l’État, où le respect des institutions s’est tant égaré. Mais curieux Président que celui-ci. Le mot de Nicolas Sarkozy est inacceptable, on ne peut pas se contenter de le laisser passer en revenant aux « vrais problèmes », comme le pouvoir d’achat. Évidemment, là est l’essentiel. Mais un Président de la République qui ne se contrôle pas, qui perd ses nerfs, qui « pète les plombs », non ce n’est pas une bricole, c’est un scandale. Nicolas Sarkozy n’est pas une personne privée, au demeurant grossière – je ne m’exprime jamais ainsi, même bousculé – il est le premier des Français, il devrait avoir, à chaque instant, le sens de la dignité de sa fonction, il n’a pas le droit d’insulter un de ses compatriotes. En agissant ainsi, il continue d’abaisser, de salir même, la tâche essentielle qu’il effectue, et cela, oui, me met en colère. Je n’ai jamais succombé aux explications psychologisantes, je vois que Sarkozy est un homme nerveux, migraineux, agité de tics, je ne le crois pas fou. Mais là, vraiment, il a besoin de se calmer, de se maîtriser. Certes, il est dans la tempête, et alors ? C’est au contraire le moment, pour un homme d’État, de garder la tête froide et d’avoir les idées claires. La semaine dernière, j’avais parlé à son sujet de vulgarité, on m’en avait parfois critiqué. Samedi, il a suscité la honte et la nausée.
C’est cela, je crois que traduisent des sondages sans précédent. Hier, dans le baromètre de l’Ifop – le plus ancien, le plus sûr – Sarkozy s’effondre à 38 % de bonnes opinions, 62 % de mauvaises, -24 – alors que Fillon monte jusqu’à 50 % d’appréciations favorables, 40 % de mauvaises, +17. 41 points d’écarts entre le Président et le Premier ministre, du jamais vu ! On peut toujours chercher des excuses ou des raisons institutionnelles - elles existent – comme l’inversion des rôles entre un chef de l’État qui s’expose alors qu’il devrait se protéger et un chef de gouvernement plus prudent, qui devient décidément une valeur-refuge. Non, je crois qu’il y a autre chose, que le lien entre Nicolas Sarkozy et les Français, un lien toujours confus, toujours fait de plus de fascination et d’attente que d’affection, s’est – provisoirement ? – cassé. Les Français, même de droite, je les ai vus ce week-end sur le terrain à Levallois-Perret en faisant campagne contre Patrick Balkany avec Thierry David et Anne-Eugénie Faure, ne sont pas fiers de celui qu’ils ont élu, ils regrettent leur vote, ils ne se reconnaissent pas dans leur Président. Oui, il y a du mépris pour Sarkozy, et ce n’est pas chercher la considération que de s’inquiéter de cette situation, non pas pour lui mais pour un pays qui, si rien n’est fait, va devoir vivre quatre ans dans cette atmosphère nauséabonde.

Les questions de labour is working sont tres pertinentes.
Quelles sont les reponses ?
Le 21 avril, au lieu d aller voter, les electeurs ont profité de leurs premieres RTT.
Tout simplement.
Rédigé par: marie | 27 février 2008 à 21:58
Une illusion tenace est tombée le 23 février 2008 : contrairement à ce qu’affirment les rêveurs, la France n’est plus une démocratie depuis octobre 1958 ; elle ne l’était que très médiocrement avant, elle ne l’est plus du tout après : le peuple n’y gouverne pas. Périodiquement, il est invité à donner un blanc-seing au groupe qui aura su le mieux duper par des promesses fallacieuse (le mandat impératif est interdit par la constitution). La chambre basse du parlement doit traiter en priorité les projets inscrits à son ordre du jour par le gouvernement ; ils sont suffisamment nombreux pour que les propositions de loi qui ne répondent pas aux vœux de l’exécutif, soient reportées sine diae. Les magistrats sont nommés, rémunérés et promus par le pouvoir exécutif. Quelles que soient les objections soulevées par le Conseil supérieur de la Magistrature, l’exécutif décide souverainement de promotions qui sont, pour la plupart, « au choix ». Qui veut ruiner sa carrière ? Qui ne risque pas de préférer perdre son âme (ou ce qui en tient lieu) et –bénéficier d’une promotion ?
Héritiers d’une tradition monarchique tenace, les rédacteurs des constitutions successives ont préservé l’immunité des parlementaires et du président de la République, les plaçant à l’abri des rigueurs de la loi, y compris pour des actes commis avant leur élection, à plus forte raison pour ceux qu’ils commentent durant leur mandat et son sans relation avec leur fonction.
La France est une «la monarchie élective» (François Hollande, déclaration rapportée par François-Xavier Bourmaud, Le Figaro, 18 février 2008 ; pour Alain Minc, « Les institutions françaises, c'est une monarchie absolue, si vous vous trompez de monarque, vous le payez cher », http://www.linternaute.com/video/67736/alain-minc-enjeux-europeens-dans-l-election/).
Le sieur Sarközy de Nagy-Bocsa peut dire en public à un citoyen « Casse-toi alors ! Pauvre con va... » (film publiés par Le Parisien.fr, 24 février 2008), la victime ne peut s’en plaindre devant aucune juridiction.
Il est par contre exclu de faire de même à son égard. C’est ainsi qu’un jeune de 19 ans qui aurait lancé « Je nique Sarko, le fils de pute ! » au ministre de l’Intérieur, Sarközy de Nagy-Bocsa, de passage à Aubagne, en 2005, est condamné à quatre mois de prison ferme, peine prononcée en août 2007 (Sources : « le Nouvel Observateur » et http://www.jeuxvideo.com/forums/1-69-1146580-1-0-1-0-0.htm). Un homme qui a osé le comparer à Philippe Pétain a été condamné à une amende de 800 euros et des dommages et intérêts de 1 euro (TGI Paris, 14 février 2008).
Rédigé par: Digbeu Tapé | 27 février 2008 à 11:12
Marie (et ce sera le dernier de la série) je suis désolèe, mais il me semble important de tout faire pour que nous ne tombions pas de Carybe en Scylla.
Rédigé par: selene | 27 février 2008 à 08:39
Personne ne peut tout controler mais je pense qu elle se controle mieux que Sarkozy tout de meme.
Je rappelle que j aurais prefere que le candidat soit DSK et que je prefererais que le prochain secretaire du PS soit Pierre Moscovici.
Je veux simplement insister sur le fait que ces querelles internes sont steriles, qu elles vous desservent et qu elles servent la droite en revanche.
Je ne comprends pas que vous ne puissiez pas depasser ces querelles.
Ce sont ces querelles internes qui sont le plus dangereuses pour votre parti.
L auteur de ce blog n arrete pas de vous le dire d ailleurs.
Est ce que vous entendez ???
Rédigé par: marie | 27 février 2008 à 01:10
http://blog.charentelibre.com:80/journal/index.php?2008/02/26/461-clash-en-direct-au-conseil-regional-royal-destitue-fountaine
Non, elle a toujours cru contrôler tout, mais elle n'y arrive pas....
Rédigé par: selene | 26 février 2008 à 22:50
Qui peut encore croire aujourd hui que Sarkozy defende une morale ???
Il defend les insultes, le mensonge et le mepris.
Il agit par pulsion, il ne sait pas se controler.
Segolene Royal, elle, a toujours su se controler.
Je dirais meme que la principale qualite d un homme ou d une femme en general et politique en particulier, c est de savoir se controler.
Si on ne se controle pas soi meme comment peut on faire croire qu on peut controler une situation, diriger un parti ou un pays ?
Rédigé par: marie | 26 février 2008 à 17:41
Les pays nordiques sont les meilleurs exemples pour le progrès economique et la justice sociale dans une totale transparence qui manque cruellement en France.
La construction sociale democrate en France doit etre tres solide et surtout pas artificielle.
Si vous etes tous d accord sur ces points la, vous pourrez peut etre rester unis et solidaires ?
Pensez a l avenir !
Oubliez un peu le passé maintenant !
Rédigé par: marie | 26 février 2008 à 17:27
"elle defendait l ethique et les plus demunis, alors que lui defendait une politique ultra conservatrice destructrice et les plus riches."
Bien non justement. Sarko parlait (et parle toujours) de justice et de morale et déclinait un discours de rupture, défendait les « petites gens qui se lèvent tôt ». Mais c'était juste un discours, une réponse markettée pour une attente ponctuelle.
"Si elle avait ete elue, nous ne serions pas aujourd hui au bord du chaos."
Cela aurait dépendu de sa capacité de s'entourer. Sarko s'est fait sa petite cour, on voit le résultat.
"Elle aurait ete tres bien entouree."
Elle n'a pas su le faire après les primaires.
"Si le PS a mal fait son choix, ce n est pas la faute des electeurs."
Entièrement d'accord et il faut traiter le déphasage persistant (même aujourd'hui !) entre les électeurs en général et les militants PS.
"Le moins que l on puisse dire, c'est qu elle n a pas ete soutenue par son parti."
C'est faux, elle a eu le soutient des numéros 1, 2 et 3 du parti ainsi que de la majorité des baron(e)s régionaux. C'est elle qui a choisi une stratégie "en dehors du parti", ce qui était d'ailleurs pertinent dans un premier temps mais qui s'est heurté à une des réalités de la Vème république : on ne gagne pas une élection sans machine électorale et elle a été obligée d'abandonner sa stratégie de départ et de s'appuyer ouvertement et officiellement sur le PS dès l'automne.
"C est cela qui est desolant.
Designer une candidate et ensuite ne pas la soutenir !"
C'est vrai depuis 2002 avec Jospin, puis pour le TCE, et cela est majoritairement dû à une absence de ligne politique claire et refondée.
"Mais si les militants font le mauvais choix, que peuvent faire les electeurs ???"
S'appuyer sur des choix d'idéologie, d'outil et une vision à long terme, faire confiance à la compétence. Si l'élu de 2007 avait ces qualités, quel que soit sa couleur politique, ce serait un moindre mal voire un bien. Mais en 2007, l'élection s'est faite sur l'image, sur la manipulation de l'émotion immédiate, éléments extrêmement volatiles et versatiles comme on le constate.
Rédigé par: Bloggy Bag | 26 février 2008 à 16:55
Il ne faut pas exagerer tout de meme !
Segolene Royal et Sarkozy sont vraiment tres differents !
Il fallait voter Segolene Royal, elle defendait l ethique et les plus demunis, alors que lui defendait une politique ultra conservatrice destructrice et les plus riches.
Si elle avait ete elue, nous ne serions pas aujourd hui au bord du chaos.
Elle aurait ete tres bien entouree.
Elle n a pas ete elue parce que les classes ouvrieres du Pas de Calais et des Bouches du Rhone n ont pas vote pour elle.
Les electeurs ont vote pour la candidate que le Parti socialiste avait choisie.
Si le PS a mal fait son choix, ce n est pas la faute des electeurs.
Segolene Royal a eu le courage de se battre jusqu au bout, elle a depense beaucoup d energie et elle n a jamais renonce.
Vous devriez au moins lui reconnaitre cette qualite.
Le moins que l on puisse dire, c est qu elle n a pas ete soutenue par son parti.
C est cela qui est desolant.
Designer une candidate et ensuite ne pas la soutenir !
C est un suicide collectif !
J aurais prefere DSK.
Demain, je prefererais Moscovici au poste de premier secretaire car il a toutes les qualites indispensables pour occuper ce poste a tres hauts risques.
Mais si les militants font le mauvais choix, que peuvent faire les electeurs ???
Rédigé par: marie | 26 février 2008 à 15:57
A Seb:
Lorsque j'évoquais les "espoirs d'alignement", j'évoquais la période des Primaires (durant laquelle la presse étrangère avait pensé aussi cela) et non celle de la "vraie" campagne présidentielle. Ravi en tout cas de la qualité de ton intervention.
Rédigé par: Labour_is_working | 26 février 2008 à 15:43
"Ensuite seulement il sera question de 2012 et de qui conduira la bataille"
[de qui, et contre qui
je rêve d'une confrontation Copé-DSK...
ça serait saignant, mais clair à bien des égards, mettrait les débats , et les clivages droite/gauche, où il faut et dans notre époque, et nous sortirait de l'irrationnel , de l'émotionnel et du vedettariat.
(la même chose vaudrait pour un Fabius-Copé mais Fabius induit d'autres spécificités et clivages)]
euh, oui, nous sommes en 2008, on l'oublie beaucoup, une façon, sans doute, de zapper ce quinquennat pour passer le plus vite possible à un suivant plus conforme à nos voeux...
Rédigé par: biltoleta | 26 février 2008 à 14:29
"Certains ont sincèrement pensé qu'elle pouvait enfin "aligner" la Gauche française sur les Gauches réformistes allemandes, britanniques et espagnoles."
Je n'en suis pas certain.Personellement, j'ai toujours defendu la these selon laquelle la gauche française avait du mal à assumer une demarche reformiste et qu'il etait + que temps de prendre exemple sur les partis sociaux democrates europeens qui avaient reussi à se moderniser et je dois avouer que mes detracteurs en section etaient non seulement les fabiusiens mais aussi les royalistes.
Pourquoi?tout simplement parce qu'un nombre non negligeable d'anciens nonistes s'est retrouvé derriere Royal.Et meme si je ne doute pas que la candidate elle meme soit sincerement une reformatrice, le gros de ses troupes defendaient sur le terrain un rapport frileux voire carrement hostile à la mondialisation ou à l'economie de marché.Cette ambiguité s'est d'ailleurs retrouvé dans le discours de la candidate elle meme qui etait capable de faire un excellent discours pronant la reconciliation entre liberté d'entreprendre, efficacité economique et justice sociale un jour et de vouloir "effrayer les capitalistes" le lendemain.C'est exactement ce genre d'incoherance qui a fait fuir une bonne partie de l'electorat de centre gauche vers Bayrou au 1er tour..ce meme electorat qui a voté pour le candidat centriste par defaut et rentrera sans probleme au bercail si nous lui donnons des gages c'est à dire si nous montrons notre capacité à incarner, cette fois sans ambiguité, une gauche moderne.
En revanche, là où Royal a eu raison, c'est qu'elle a compris qu'il fallait contrer Sarkozy sur les themes de l'insecurité, domaines dans lesquels la gauche a toujours ete percue comme "angelique".Malheureusement, elle l'a mal fait puisqu'elle a donné le sentiment de vouloir rattraper ses positions ce qui, quelque part, laissait au ministre de l'interieur l'avantage permanent, le sentiment d'etre la reference.Il aurait ete à mon sens beaucoup + judicieux d'attaquer Sarkozy sur son bilan c'est à dire l'augmentation des actes de delinquance graves et des crimes violents.C'est exactement ce qu'avait fait le Labour en 1997 avec des clips tres explicites insistant sur le manque de resultats des tories dans ce domaine.
Bon..ceci c'est pour 2007, nous sommes en 2008 et il ne sert à rien de continuer à taper sur Royal d'autant + que le parti globalement est tout autant responsable qu'elle.Reconnaissons lui le merite d'avoir essayé de faire bouger les choses..je serais sincerement ravi si un front reformiste se constituait derriere Pierre afin de moderniser ce parti et je souhaite que les royalistes ainsi que Segolene Royal elle meme oeuvrent à cette transformation à nos cotés, comme pourraient le faire les amis de Delanoé ou de Valls.
Ensuite seulement il sera question de 2012 et de qui conduira la bataille.
Rédigé par: Seb | 26 février 2008 à 13:59
>sempiternelles considérations sur l'avenir de madame Royal
Si vous lisez bien, mes posts ont un contenu un peu plus ambitieux que la question de savoir qui sera le calife.
Rédigé par: Labour_is_working | 26 février 2008 à 12:33
Mêmes discours, même causes, mêmes effets.
Nous sommes parti d'une discussion sur comment éviter que la République ne flambe et on en arrive aux sempiternelles considérations sur l'avenir de madame Royal. Sarko a décidément besoin d'elle.
Rédigé par: Bloggy Bag | 26 février 2008 à 12:12
Bloggy Bag, je suggère simplement qu'ériger en permanence Royal en épouvantail n'est pas la meilleure façon de commencer la rénovation du PS. Car sa baisse dé régime dans l'Opinion ne signifie aucunement que certaines raisons qui ont contribué à l'engouement autour d'elle dans l'électorat de Gauche aient disparu. C'est à un leader de Gauche crédible d'essayer de les prendre en compte, d'y répondre dans son programme et c'est de cette manière qu'elle ne sera pas candidate en 2012.
Rédigé par: Labour_is_working | 26 février 2008 à 11:55
Labour, non seulement je ne considère personne comme quantité négligeable mais j'ai écrit que MSR pouvait être à nouveau choisie par le PS en 2012. J'ajoute simplement que les mêmes causes ayant furieusement tendance à donner les mêmes résultats, elle serait à nouveau battue, par Bayrou cette fois, et probablement avec une scission du PS à la clé.
Maintenant, à elle d'enfin écrire noir sur blanc un programme détaillé, cohérent dans lequel elle croit. C'est sur cela que se gagne une élection pour une présidence qui tient la route et la distance.
Rédigé par: Bloggy Bag | 26 février 2008 à 11:42
A Angélique P:
>Parler le langage « sécurité », c’est faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion ». Et il est fort, NS dans ce domaine
C'est très juste. Le problème, c'est qu'il est difficile de gagner une présidentielle en instaurant une relation avec ses électeurs uniquement fondée sur le rationnel. C'est très difficile dans une élection qui incite par nature à l'hyperpersonnalisation (de la même manière que les institutions de la 5ème République incitent par nature à une hyperprésidentialisation telle qu'on l'observe aujourd'hui). Certains diront que c'est moins le cas en Allemagne... mais eux ont connu les deux grands totalitarismes du siècle passé.
A Bloggy Bag:
> Sarkozy et Royal sont des clones, même rhétorique compassionnelle, même fumée médiatique, même absence de vision, même vide des idées, même absence de sincérité
On peut penser ça de ces deux-là mais mieux vaut quand même éviter la caricature et essayer plutôt de regarder de façon critique, sans passion les raisons pour lesquelles à un moment donné ils ont incarné un espoir de changement. Qu'il puisse y avoir certains risques de dérive avec Sarkozy au pouvoir, une partie de son électorat s'en doutait. Simplement, elle s'est dit: s'il faut passer par CA pour retrouver une croissance économique durable, en finir avec les 35 Heures et faire des réformes structurelles, essayons. Cela ne fait malheureusement que souligner par défaut l'incapacité de la Gauche quand elle n'est pas aux affaires à tenir à ses électeurs un discours de vérité sur ce qui est ou pas tenable au pouvoir et sur le fait qu'en faisant le social contre le développement économique... on crée une situation comptable qui permet à l'adversaire de démanteler le modèle social et le secteur public.
De plus, Sarkozy a su très bien utiliser une évolution démographique favorable avec des plus de 60 ans nombreux et vivant plus longtemps (et qui ont peur pour le paiement de leurs retraites): il s'est dit "J'ai un gros réservoir de voix potentiel chez les plus de 60 ans. Donc tant pis si ce que je dis choque une partie des "jeunes urbains" du moment que je peux faire la différence dans cette catégorie-là". Ca a marché: au second tour, avantage Royal chez les moins de 60 ans, avantage écrasant Sarkozy chez les plus de 60 ans (2/3!). On peut s'en offusquer mais aussi se demander quel discours de la Gauche en direction d'une catégorie qui pourrait bien "bloquer l'alternance".
D'un autre côté, tous ceux qui ont cru en Royal à Gauche ne sont pas des gogos intoxiqués par les médias. Certains ont sincèrement pensé qu'elle pouvait enfin "aligner" la Gauche française sur les Gauches réformistes allemandes, britanniques et espagnoles. D'autres pensaient que si la Gauche avait perdu le 21 avril les classes populaires c'est parce qu'elle avait été trop "faible" sur l'Insécurité, la Nation et à cause de la modération salariale qui avait accompagné les 35 Heures (avoir du temps libre, c'est intéréssant quand on a déjà du pouvoir d'achat; si l'on est travailleur pauvre en revanche...). D'autres voulaient encore sanctionner le spectacle désolant donné par le PS entre 2002 et 2006. Tous ceux-là n'ont sans doute pas vraiment pensé aux présidentielles. Mais on ne peut pas considérer leurs raisons comme quantité négligeable si l'on veut créer un rassemblement le plus large possible de ceux qui à Gauche veulent concilier Justice Sociale et Développement Economique.
Rédigé par: Labour_is_working | 26 février 2008 à 11:09
Grosse mais saine colère:
devoir de mémoire: Le cas EVRARD
C’est y est, la contre offensive est lancée : Le chef d’Etat continue de crier à qui veut bien le croire qu’il ce cédera pas sur la question de rétroactivité de la loi de détention de sûreté !! Le chef de l’état menace de franchir la ligne jaune (sans pour autant avoir les moyens de le faire) pour s’attirer les foudres de l’opposition, et les amener doucement mais sûrement sur le terrain de l’insécurité.
Les sondages tombent : 80% des Français approuvent le principe de rétention de sûreté, 64% souhaite qu’elle s’applique rétroactivement sur les cas condamnées avant la publication du texte.
N’avons nous aucune mémoire ?? le cas EVRARD, ça parle à quelqu’un ? Un pédophile multi récidiviste, sorti de prison avec l’obligation de soins et astreint à rester dans la région de Rouen. Seulement voila, non seulement personne se s’est soucié de savoir si Evrard suivait effectivement le traitement imposé par la loi, pas plus qu’il n’a été vérifié qu’il restait bien dans le périmètre imposé, mais pire, c’est avec une prescription de Viagra que ce multi récidiviste a été relâché dans la nature.
Alors voila ce que m’inspire les gesticulations du chef de l’Etat :
1) La loi sur la détention de sûreté ne peut pas, en l’état de notre constitution être applicable rétroactivement. Quiconque vous dira le contraire vous prend pour un pauvre con.
2) Entre la cas Evrard et la détention de sûreté n’y a-t-il pas un juste milieu. L’occasion de faire un état des lieux de l’arsenal judiciaire existant et une évaluation de son efficacité si les contraintes judiciaires faisaient l’objet d’un suivi personnalisé (le bracelet, l’obligation de soins, le suivi psychiatrique, et tant que faire se peux… éviter la prescription de Viagra pour un délinquant sexuel)
3) sur ces questions essentielles des privations de liberté, il faut éviter la surenchère idéologique préélectorale. Cette surenchère biaise le débat, et n’a pas vocation à protéger quiconque de potentiels criminels, mais de sauver le poste de tel ou tel maire en difficultés en essayant de grapillier ici ou là quelques points supplémentaires grâce aux bonnes vieilles recettes du « tout sécuritaire ».
Nous n’avons pas le chef de l’etat que nous méritons, tachons de le lui rappeller aux prochaines elections.
Rédigé par: gasper | 26 février 2008 à 10:46
On s'achemine vers un système où des magistrats vont délibérer de la « dangerosité » des individus. On va donc, pour assurer la cohérence et l'égalité des personnes soumises à ce régime, construire une « théorie de la dangerosité » : telle personne avec telles caractéristiques a été considérée comme dangereuse, donc telle autre personnes, avec les mêmes caractéristiques l'est aussi. A partir du moment où une telle théorie existera, juridiquement, la loi interdira de l'appliquer à d'autres personnes que des condamnés, mais je ne vois pas ce qui intellectuellement interdira qu'on applique la même théorie à des personnes n'ayant commis aucun acte répréhensible.
Par ailleurs il existe déjà des théories de la dangerosité déconnectées de la responsabilité pénale : les rapports des années 1990 sur les sectes, et l'affaire des bagagistes de Roissy licenciés pour avoir fait un pélerinage à la Mecque : « C’est un renversement de la charge de la preuve, explique-t-il. Le préfet prend une décision qui engage les personnes sur leur lieu de travail, qu’elles risquent de perdre, sans donner aucun motif objectif. Au contraire, il leur demande d’apporter la preuve qu’ils ne sont pas susceptibles de représenter un danger, ce que personne ne peut faire » : propos de Me Eric Boutet en octobre 2006 : http://www.afrik.com/article10572.html
Combien de "théories de la dangerosité" peut-on accumuler dans divers secteurs de la vie sociale sans mettre en péril la démocratie ? N'y a-t-il pas un seuil, une masse critique où toutes les théories de dangerosité fusionnent dans un système totalitaire ?
Rédigé par: Ben | 26 février 2008 à 10:03
+ 1000000 (n) Bloggy sur ces deux sujets
pour ce qui concerne le "manque de sincérité" de "notre" Président, ça va parfois plus loin et peut se qualifier d'un mot plus fort, en voici un bel exemple ce matin
:
L'interview au Parisien :
il semble que le journal ait reçu , après relecture par l'Elysée, une version où figure une phrase qui n'a pas été dite pendant l'interview : " je n'aurais pas dû lui répondre"
le journal a publié cette version aujourd'hui, mais il va être intéressant de suivre la publication du Parisien demain, car il compte en parler, si l'on en croit son directeur adjoint ce matin sur Canal + ....
d'après le directeur adjoint du journal, en réalité, personne parmi les présents pendant deux heures sur place n'a entendu cette phrase, par contre, Sarko a souligné que le type, qui s'est planté devant lui , l'a "cherché"...
Rédigé par: biltoleta | 26 février 2008 à 09:54
Bloggy, tu m'as devancée: dans tes deux messages, tu résumes parfaitement la situation...
petite plaisanterie.. et tu le fais de manière non inSidieuse...
Bravo
Rédigé par: selene | 26 février 2008 à 09:30
Sur le sondage, c'est une manipulation incidieuse classique.
Question : est-ce que vous pensez qu'il faut garder en prison quelqu'un qui va commettre un crime odieux.
La réponse est évidemment et majoritairement oui.
On peut la poser différement : est-ce que vous pensez qu'il faut garder en prison quelqu'un qui ne va peut-être pas commettre un crime.
Je parie pour une réponse majoritairement non.
Et enfin, la bonne question serait une question de principe sur la pénalisation de la potentialité d'un crime, mais c'est une notion un peut trop complexe pour le citoyen moyen qui n'a pas l'habitude de raisonner autrement que par cas particulier, le sien.
Rédigé par: Bloggy Bag | 26 février 2008 à 09:19
" On se met tous avec Segolene et on gagne en 2012."
(soupir)
Sarkozy et Royal sont des clones, même rhétorique compassionnelle, même fumée médiatique, même absence de vision, même vide des idées, même absence de sincérité (Sarkozy ne sera pas plus le président du pouvoir d'achat que Royal n'a cru en son programme), même incapacité à s'entourer de gens fiables et compétents et à leur faire confiance en délégant.
Aujourd'hui, on constate qu'ils ont eu le même parcours : une phase d'euphorie médiatique qui leur a permis d'éliminer ceux qui étaient compétents pour mener le pays mais mauvais en marketing médiatique, et une rupture brutale avec un gadin magistral.
La seule différence étant que pour Sarkozy, il a empoché l'élection... et donc fait durablement perdre son camp.
Remettre sans arrêt, de façon plus ou moins insidieuse, Royal sur le tapis, c'est remettre Sarkozy en scène : ils ont besoin l'un de l'autre pour exister. Sans Royal, Sarkozy ne passait pas devant DSK, et peut-être pas non plus devant Fabius malgré ses handicaps.
Royal a semble-t-il renoncé à la tête du PS (pour laquelle elle n'a de toute façon pas le profil). Sera-t-elle investie pour 2012 (ou avant) ? Peut-être, et c'est le pari de Bayrou pour être élu, et de Sarkozy pour survivre à ses montagnes d'imbécilités à répétition.
En attendant la souffrance des citoyens augmente, les fondations de la République sont attaquées au bulldozer et l’Etat ne tient plus que par la qualité de ses cadres. Jusqu’à quand ?
Rédigé par: Bloggy Bag | 26 février 2008 à 09:15
@Ben
En effet, le résultat de ce sondage est inquiétant mais n'oublions pas qu'il ne s'agit que d'un sondage.
De plus, rappelons-nous que la peine de mort avait été abolie alors que l'opinion était très majoritairement contre cette abolition.
Un sondage correspond à l'expression d'une opinion à un moment T sans qu'il y ait parfois eu une grande réflexion et il est effectué en général sur 1000 personnes qui seraient représentatives de la société. En tant que mathématicien, je suis très sceptique sur ce genre d'étude approximative...
Rédigé par: Julien | 26 février 2008 à 06:25
Je viens de voir qu'un sondage donnait 80% de sondés favorables à la rétention de sécurité. Dans cette affaire, le peuple n'est plus guidé par la liberté, comme dans le tableau de Delacroix, mais par la peur.
Rédigé par: Ben | 26 février 2008 à 03:27
Je trouve egalement tres pertinentes les questions de "Labour is working" car elles ont le merite d'etablir clairement les thematiques sur lesquelles nous devons batir notre travail de renovation.
Je n'ai pas grand chose à ajouter quand à l'analyse faite par Labour is working et Esperance concernant les raisons de notre defaite de 2007 puisque je partage totalement leur avis.En revanche, il me semble que certains au parti cherchent à reconstituer une sorte d' attelage heterogene aussi bien à l'interieur qu'à l'exterieur du PS.Or, rechercher des collaborations entre courants opposés sur le sens à donner à la renovation ne peut qu'entrainer un retour vers l'immobilisme et la mollesse que nous avons deja connu.De la meme façon, faire de la question des alliances une priorité ne peut que nous affaiblir aussi bien par rapport au centre que vis à vis de la gauche radicale et entrainer une sorte de programme qui serait un medley entre diverses influences sans veritable colonne vertebrale ou idée directrice.
Nous devons faire les choses dans ordre.D'abord à l'interieur du PS avec une motion deposée par S&D avec ou sans allié qui sera courageuse, clairement reformiste et ancrée dans les valeurs de la social democratie europeenne.Il faudra qu'elle reponde à toutes les preocupations exprimées par "Labour is working" et constitue une vraie avancée vers une social democratie moderne à la francaise que nous appellons tous de nos voeux.Ensuite, il s'agira d'eviter toute synthese molle qu'entraineraient inevitablement des alliances contre nature...nous devons au contraire constituer un front reformiste avec tous ceux qui defendent des conceptions proches des notres et voudront travailler avec nous pour moderniser ce parti et faire en sorte que nous puissons meriter la confiance des francais aux prochaines elections.Comme l'a esquissé Labour is working, la question centrale est bien de savoir ce que doit etre une politique progressiste dans un monde qui connait d'importantes mutations et comment adopter une approche positive vis à vis de la mondialisation afin de developper nos atouts et de faire en sorte que celle ci soit à la fois source de progres economique et de justice sociale à l'instar de ce qui se passe dans les pays nordiques.
Et c'est seulement apres, lorsque nous nous serons renforcés, qu'il pourra etre question de nos strategies d'alliances.Nous devons avoir un PS fort, capable d'attirer l'ensemble de l'electorat allant du centre à la gauche à travers un programme coherent comme le font les autres forces sociales democrates en Europe sans avoir besoin de s'allier pour realiser un socle de 35/40%.+ nous serons forts et + ce sera sur la base de NOTRE programme que nous attirerons d'autres forces progressistes.Il ne s'agirait donc pas de construction artificielle comme l'imaginent certains avec leur coalition arc en ciel qui ne fonctionne pas comme l'a demontré ce qui s'est passé en Italie.
Rédigé par: Seb | 26 février 2008 à 00:57
A qui la faute, la défaite de la gauche en 2007? Je pense aussi que DSK aurait pu mieux "résister" face à Sarko que Ségolène Royal, mais j'ai surtout la conviction que le projet du PS porté par Ségolène Royal, synthèse de plusieurs motions, voulant ménagé un électorat allant de la gauche anti-libérale au centre manquait de cohérence et finalement nombreux électeurs n'ont pas eu confiance en ce projet. Il est plus que temps que le PS fasse sa rénovation, en particulier en affichant une ligne claire-pour moi, il faut la ligne sociale-démocrate, le PS a mené une politique sociale-démocrate de 97 à 2002, il faut maintenant qu'il assume sa place dans l'échiquier politique français-de façon à contruire un projet de société cohérent et réaliste. Je sais qu'il est plus facile aujourd'hui de gouverner à droite qu'à gauche , mais je ne peux pas me résigner à ce que la droite (et dure, de surcroit) gagne encore en 2012 à cause d'un PS affaibli qui finalement laisse de la place à Bayrou et à Besancenot. Actuellement, Pierre Moscovici me parait le plus compétent et le plus motivé pour mener cette rénovation et afficher cette ligne sociale-démocrate et j'espère vraiment qu'il devienne secrétaire du PS. J'attends avec impatience ses réponses aux questions de Labour is morking!
Rédigé par: espérance | 26 février 2008 à 00:12
Selene
Encore eut-il fallut que tu ne te trompe pas de personne.
Moi, tout ce que j'ai dit, c'est que Sego avait fait une mauvaise campagne, pas que les autres prétendants auraient gagnés ou perdus. De plus, j'étais pour DSK en 2006. Mais passons...
La droite, ces derniers temps, utilisent tous les stratagèmes réthoriques, des "accusations inversés" (accuser ses ennemis de ses propres tares), même les plus basses, bref, la droite, en mauvaise posture, fait feu de tout bois pour se défendre, même si le bois en question pue. Je trouve cela insupportable, vraiment, mais ce qui me console, c'est que ça ne prend pas, les gens voient clair dans leur jeu.... enfin j'espère.
Quand à cette loi sur la rétention de sûreté, je suis d'accord, c'est dégeulasse, et vouloir passer outre le conseil constitutionel me semble anti-republicain, ou du moins très grave pour le respect des institutions.
Enfin, je vous rassure, moi ça va, depuis le 6 Mai je me prépare à encaisser... n'empèche, ça fait même pas un an et des saloperies, y'en a déjà plein(bon y'a aussi de quoi se marrer j'avoue)
Je parle trop, sans doute, alors je n'ai plus qu'a me dire à moi-même : "casse-toi pauvre con!".
Rédigé par: JonasW | 25 février 2008 à 22:11
Toujours plus d insultes.
Toujours plus d autoritarisme.
Jusqu ou ira t il ?
Tester les enfants a la maternelle pour detecter les deviants etait surement la premiere proposition de Sarkozy qui indiquait qu il ne reculerait devant rien pour restreindre les libertes et c etait deja la preuve qu il appliquerait une politique ultra conservatrice.
Rédigé par: marie | 25 février 2008 à 21:49
Colère, colère colère!
Ce n'est pas souvent que je m'emporte, je suis plutôt une calme.
La loi dégueulasse, la tentative de détournement, c'est inadmissible mais je ne vais pas répéter ce qui a déjà été dit.
Le comportement, le vocabulaire, Nicolas Sarkozy n'est qu'égal à lui même, ça m'attriste mais ne parviens même plus à m'en offusquer.
Ce qui me fait réagir ce soir, ce sont les arguments de ceux qui défendent l'attitude du président: membres du gouvernement, hommes politiques connus:
"C'est une rupture avec la monarchie".
Monarchie, le grand mot est lâché, et comme d'habitude, et là ils ne sont pas les seuls, quand ils ont trouvé une formule, ils la reprennent tous jusqu'à ce que le processus s'use, comme disait notre regretté Gainsbourg.
Réalisent-ils la portée de leurs propos?
Ca signifierait que le savoir vivre, la retenue, la correction serait l'attribut de la monarchie, Inutile de vous décrire, en négatif, ce que sont sensés être ceux de la république. Pauvre république! Elle n'est pas en danger, non, il existe encore des contre-pouvoir, mais elle est malmenée, mal traitée, méprisée par ceux-là même qui ont pour mission de la servir et de la représenter.
Rédigé par: Christine R | 25 février 2008 à 21:31
Tiens, Tiens ! Dans la famille « Sarko-Ump », je voudrais la carte « sécurité ». Les élections approchent et entre, cette nouvelle loi et l’intervention théâtrale de Villiers-le-bel , les français sont servis !
Parler le langage « sécurité », c’est faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion ». Et il est fort, NS dans ce domaine !
"Faire appel à l'émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l'analyse rationnelle, et donc, le sens critique des individus. De plus, l'utilisation du registre émotionnel permet d'ouvrir la porte d'accès à l'inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements... »
Faire vivre le citoyen ordinaire dans une peur permanente et ne plus lui parler que de «sécurité».
J’ai beaucoup aimé ton texte, Seb. Car tu essayes d’analyser, sans oublier de te mettre à la place d’autrui, dans ce cas précis : les familles des victimes.
Il ne faut pas occulter le fait qu’il y a et qu’il y aura toujours des maladies incurables. Qu’elles soient physiques ou mentales. Le problème ? L’incertitude. Dans un cas comme dans l’autre. Et la psychanalyse, au sujet de cette délicate question est souvent désarmée.
Ferenczi ( Psychanalyse et criminologie) : "Les récits conscients des criminels et la détermination des circonstances du crime, aussi approfondie soit-elle, n'expliqueront jamais de façon satisfaisante pourquoi tel individu donné devait, dans une situation donnée, commettre tel acte."
Et pour des parents ou pour un mari, dont l’enfant ou la femme, a été la victime d’un crime odieux, savoir l’agresseur en liberté, doit être insupportable. La crainte de la récidive est une crainte respectable.
Toutefois, cette loi, c’est un peu « l’arbre qui cache la forêt ».
Cette dérive inquiétante du droit consiste en la pénalisation des intentions et non des actes.
La pénalisation des intentions est l'outil juridique qui peut engendrer bien d’autres dérives , comme par exemple, à posteriori : emprisonner des personnes pour leurs opinions.
« L'idée est que même si quelque chose ou quelqu'un n'est pas réellement et objectivement dangereux, il pourrait l'être potentiellement. L'appréciation du danger potentiel étant d'ordre subjectif, tout innocent devient potentiellement coupable » : concept de dangerosité.
La justice s’essouffle, la justice meurt. Et pourtant , y a t-il quelque chose au monde , de plus noble et de plus beau que la justice ?
Plutôt que de réformer la carte judiciaire, il faudrait accélérer la justice, en fixant par exemple une durée maximum de six mois pour le traitement d’un dossier. Et en cas de dépassement de ce délai, à cause de difficultés dans l'instruction, l’administration judiciaire pourrait être soumise à un contrôle.
Réprimer moins sévèrement les délits sans dommages directs à autrui, mais beaucoup plus sévèrement les crimes et délits avec violence. Car il n’y a rien de plus insoutenable que la souffrance d’autrui. Et celui qui brûle un feu rouge, ne doit pas avoir la même sanction pénale que celui qui arrache, violemment, le sac d’une grand mère. Les délits, ne sont pas tous des délits avec violence ! Comme, tous les délits ne sont pas des crimes !
Quant à la réflexion de Ns lors du salon de l’agriculture, je reste perplexe. J’ai encore du mal à croire qu’un chef d’état puisse se comporter ainsi. Plus que les mots ( le vocabulaire du président ne me surprend plus) , c’est l’attitude qui m’insupporte. Dans ses serrements de mains, je constate un mépris évident pour le citoyen.
NS a changé. Ecoutez sa voix. Regardez ses mimiques. Suivez son regard. Qu’est devenu l’ex candidat, si sûr de lui et si dynamique ?Un président dépassé par les événements ? Un homme affaibli ?
Mais également, un orgueilleux qui n’accepte ni l’échec, ni le désamour. Il aime la gloire, le succès dans tout ce qu’il a de plus violent. Enorgueilli par une campagne qui l’a fait roi, grisé par l’auguste fonction, il a perdu pied . Le déni du réel lui sert de politique.
Roosevelt disait : "En politique, rien n'arrive par hasard. Chaque fois qu'un évènement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi." Les différents élus UMP, et les militants pouvaient-ils prévoir une si grande chute? Et les socialistes, s’attendaient-ils, réellement , à cette politique et à cette gouvernance « du n’importe quoi » ?
NS (sous les traits d’un Fillon ) peut-il encore rebondir ? Si la gauche arrive à rétablir le discours avec les citoyens, peut-il en être autrement ?
Quatre ans encore ! Quatre ans, c’est long ! Le pire des scénarii peut encore arriver : Qui ne se souvient pas du roman de George Orwell" 1984" ( un pays soumis à un régime totalitaire où la liberté d'expression en tant que telle n’existerait plus)? NS « is watching you” !
Cette parabole du despotisme moderne ne devient-elle pas, déjà, une réalité dans certains pays ?
« Le temps du mépris »… « La voix royale » pour le P.s ?
Rédigé par: Angélique P | 25 février 2008 à 20:56
a selene:
Puisque tu parles sans doute de moi. Tout ça c'est bien mais on est loin d'une Gauche prenant pleinement en compte les mutations économiques dues à la mondialisation du type de celle de Blair, Zapatero ou Schroder comme du pragmatisme de Blair sur les questions d'immigration et d'insécurité.
Rédigé par: Labour_is_working | 25 février 2008 à 20:44
Je suis de la classe 40 ; l'instruction civique et la morale faisaient partie du programme scolaire jusqu'à la classe de 6ème. Je me suis réjoui de la ré-introduction de ces matières dans le programme scolaire, à partir de la rentrée 2008. Le président de la république en est l'initiateur. Seulement, je trouve que l'anecdote du salon de l'agriculture est inconsistant par rapport à cette honorable initiative.
Rédigé par: Rabesoa Casimir | 25 février 2008 à 19:50
Mais arrêtez de raconter n'importe quoi...C'est Ségolène qui a perdue...Elle n'était pas à la hauteur pour être présidentiable.. A son niveau...on ne confond pas SMIC NET ET SMIC BRUT et bien d'autres choses. Elle ne se maitrisait pas plus que NS.
Il faut mieux avoir d'autres vues sur des gens qui tiennent la route...un DSK ou un Valls.
Le pouvoir d'achat...lorsque l'on voit certaines personnes interrogées qui ouvrent leur placard de ménagère et que celui-ci est empli, les différents aliments bien serrés..on ne me fera pas dire que les gens manquent , POUR LE MOMENT.
Mais comme je l'ai déjà dit...Le réveil va être douloureux.
Pour la plupart des gens qui sont dans la précarité..il y a beaucoup d'étrangers auxquels je voudrais lancer le message suivant...
Que l'Europe n'est pas un eldorado. Qu'ils y trouveront la précarité sans le soleil.
Rédigé par: Maryse | 25 février 2008 à 19:44
En attendant quelle galère, quatre ans c'est long et pour certaines personnes cela sera insurmontable. Une ambiance desastreuse et explosive, mortifère pour les plus démunis.Comment un parti d'opposition peut s'y prendre pour amortir les dégâts?
Rédigé par: catherine | 25 février 2008 à 19:08
à Jonasw:
Ah bon? tu en es réellement certain?
la conférence sur l'emploi et les salaires, avec une nouvelle répartition capital -travail,
la "dotation jeunes" pour permettre à ceux ci de mieux démarrer dans la vie, et de supporter les charges provisoires des générations précédentes,
Le respect de toutes les opinions dans la laïcité réaffirmée,
la substitution provisoire de l'état dans les entreprises sauvagement abandonnées par leurs actionnaires, (idée d'ailleurs piquée par Sarkozy)
La démocratie respectée et approfondie,
une meilleure prise en charge en "piquant" cette fois ci la méthode londonnienne: sous traiter avec les associations pour arriver au 0 SDF promis par Jospin, s'il avait été réelu.
La prévision du surcout des retraites assurée par un "fonds de garantie" alimenté par les dénationalisations et les excédents nés du plus grand nombre de gens au travail(pas comme le puits sans fond où sont tombés les cessionns d'autoroutes)
De vraies négociations garanties par l'état et non le laisser faire actuel.
des universités ouvertes et financées réellement,
des prises en charge différenciées dans le primaire et le secondaire selon les besoins des élèves, et non les suppressions sauvages actuelles,
la prévision en tout, la régulation du capitalisme financier par la négociation,
Le respect assuré à chacun parce que le but final de toute politique est d'émanciper les hommes des contraintes liées à la naissance et à la fortune,
c'était une toute petite partie du "programme" de DSK...
encore eût il fallu que tu le connaisses..
Rédigé par: selene | 25 février 2008 à 18:41
à Marcel:
je te mets au défi de trouver un seul socialiste, éléphant ou pas, qui n'ait voté pour Segolène au second tour...
c'était quand même mieux que de voter Chirac contre Le Pen, et l'espoir était sincère pour tous, éléphants ou pas...espèce de crocodile bouffeur d'éléphants,et c'est gentiment dit, (sincérement gentil)...
Rédigé par: selene | 25 février 2008 à 18:26
Jonasw
Je ne veux pas refaire le match mais aucun des trois "prétendants" des primaires n'aurait gagné de toute façon cette fois. Aucun d'entre eux n'avait fait un vrai bilan critique des expériences de la Gauche au pouvoir sous Mitterrand et Jospin. Aucun d'entre eux n'avait suffisamment réfléchi sur les grands défis du XXIème siècles et les réponses NEUVES à y apporter. Face à un Sarkozy qui était en campagne depuis son premier jour à l'Intérieur et qui a essayé de proposer "autre chose" que ce qui avait déjà été essayé sous Chirac ça ne pardonne pas. Avec un autre candidat, le spectacle aurait été autre... mais le résultat identique au finish.
Rédigé par: Labour_is_working | 25 février 2008 à 18:25
Marcel
Je veux pas refaire le match mais c'est Ségo qui a fait une mauvaise campagne et qui a perdu...
marrant de vouloir gagner avec quelqu'un qu'a déjà perdu mais bon, commençons pas...
Nadine Morano Roger Karoutchi et Rama Yade adopte une technique classique, accuser ses ennemis de ses propres tares, car qui est raciste sinon ce gouvernement, qui fait du terrorisme intellectuel sinon la droite sarkozyste, qui est dans le camp des assassins sinon celui qui felicite Poutine pour des elections truqués. Tout ça me met sérieusement en rogne, que le PS ne se laisse pas faire...
Rédigé par: Jonasw | 25 février 2008 à 18:15
Monsieur Moscovici,
Votre article est très juste et je partage votre indignation. Mais voilà: ce n'est pas avec de l'indignation que la Gauche retrouvera le pouvoir, c'est en montrant que pour répondre aux défis majeurs de l'époque elle a un Plan B. Je me permets donc de vous donner cette petite "feuille de route" de questions auxquelles devra savoir répondre la Gauche pour donner le sentiment qu'elle a un Plan B à proposer:
-Comment permettre à la France de tirer son épingle du jeu de la Mondialisation en pleine montée des pays émergents (Chine, Inde)?
-Que proposez-vous comme réformes structurelles susceptibles de pérenniser financièrement un "Modèle Français" (Secteur Public, retraite par répartition...) au bord du dépôt de bilan en veillant à ce que les "efforts" soient équitablement répartis?
-Que faire face à la course au dumping fiscal à laquelle se livrent nos voisins européens?
-Quelle réforme du marché du travail pour atteindre le Plein Emploi?
-Quelles solutions de Gauche pour créer de la richesse?
-Comment faire en sorte que l'argent public dépensé pour les banlieues donne du résultat?
-Selon l'UMP, la Justice aurait tendance à privilégier le droit du Criminel (excusé pour des raisons "sociales") par rapport à celui de la Victime; la vision des émeutes en banlieue comme une "crise sociale" serait fausse et idéologique tandis que la Gauche aurait fait preuve d'angélisme sur l'Immigration. Cette vision semble avoir convaincu l'Opinion. Quelle contre-attaque pour la Gauche?
-Comment réformer les Universités pour les rendre internationalement compétitives sans faire le lit des Inégalités?
-Que proposer d'autre à la France des Précaires et des Travailleurs Pauvres que le mirage du "Travailler plus pour gagner plus"?
-Que proposer d'autre à la France "de la diversité" qu'un Rêve Américain en toc?
-Comment répondre au désir de s'élever socialement d'une partie de la classe moyenne sans sombrer dans le système inégalitaire à l'américaine?
-Quelle réponse de Gauche face à une argumentaire sarkozyste d'autant plus efficace qu'elle joue sur le concret et le "bon sens"?
-Comment recréer du Collectif dans la société française?
-Quelle politique étrangère de la France dans un monde multipolaire?
A mon humble avis, il n'est pas sûr que les réponses à tout cela puissent se contruire en un jour. Cela pourrait prendre plusieurs années mais ça remettrait le PS sur les rails. Bonne chance.
Rédigé par: Labour_is_working | 25 février 2008 à 18:04
Que faire ? c'est simple. On se met tous avec Segolene et on gagne en 2012. En attendant grace aux elephants du PS qui ont prefere Sarko a Sego on a droit a 5 ans de galere. L'image de la France est devenue deplorable a l'etranger. Une collegue italienne me plaint d'avoir un president plus clownesque que Berlusconi.
Rédigé par: Marcel | 25 février 2008 à 17:42
"Et je m'inquiète de cette méthode récurrente utilisée par la droite qui consiste à jouer sur les peurs et sur les émotions"
Une partie de la gauche n'est pas indemne du même reproche. On a l'impression d'être passé de politicien(e)s autistes (sans émotions), à une vague de politicien(e)s qui ne sont qu'émotions, et pas les meilleures.
J'ajoute mon indignation à celles déjà exprimées sur le "crime de potentialité", qui non seulement inverse la charge de la preuve (l'accusé doit prouver qu'il ne fera rien), et aussi condamne sur une possibilité, ici mi-statistique mi-expression d'un sentiment de révulsion.
Seb parle du film de Spielberg (issu d'une nouvelle de Ph. K. Dick si je ne m'abuse), Asimov avait aussi exploré cette idée, mais avec un ordinateur qui définissait de façon probabiliste la potentialité d'un crime, et, oh surprise, on retombe sur une ancienne débilité de Sarkozy qui voulait tester les enfants à la maternelle pour détecter les futurs "déviants".
L'esprit ne va peut-être pas bien, mais il reste cohérent.
Et pour ceux qui voudraient éventuellement défendre l'approche probabiliste, qu'ils se rappellent que les probabilités sont à même de prévoir les comportements de gros échantillons (groupes), mais absolument pas des individus.
Rédigé par: Bloggy Bag | 25 février 2008 à 15:15
Badinter a raison de dire que « nous vivons une période sombre pour notre justice » a propos du principe de rétention de sûreté, malheureusement validé par le CC.
Mais Badinter dit autre chose concernant la "tentative" de contournement par la cour de cassation, il dit que cette initiative est inepte, que la cour de cassation n'a pas l'autorité pour amender un arbitrage de conseil constitutionnel.
Sarko menaçait de franchir la ligne jaune, mais avait il les moyens de le faire? Il parait surprenant qu’il ignore l'article 62 de notre constitution. Quelles étaient ses réelles intentions en réclamant l’intervention de la cour de cassation a grand renfort médiatique.
A mon avis, cette manœuvre grossière consistait à attirer l'opposition sur le terrain de l'insécurité. Et d’assurer la distribution classique des rôles, la sarkodroite du coté des victimes, la gauche du coté des délinquants. La sortie de Morano semble le confirmer.
Nous ne saurons jamais si cette « gesticulation sécuritaire préélectoral » aurait fonctionné sur l'opinion, puisque l'effet "salon de l'agriculture" semble avoir balayé d'un bras la polémique.
Enfin… pour le moment
Rédigé par: gasper | 25 février 2008 à 15:10
Rétention de sûreté, suite :
le Président de la Cour de Cassation n'a pas refusé semble-t-il
on s'achemine vers une nième commission ???
citation (lu sur la une de http://www.orange.fr mais cette une change très vite )
extrait
" Le Premier président de la Cour de cassation, Vincent Lamanda , a accepté de réfléchir à la question de la rétention de sûreté, comme lui a demandé le président de la République, mais il ne remettra pas en question la décision du Conseil constitutionnel sur sa non-rétroactivité, a annoncé lundi à l'AFP un chargé de mission de la Cour de cassation.
Le haut magistrat "a accepté le principe d'une réflexion sur le problème de la rétention de sûreté et de la protection des victimes, mais il est bien évident qu'il n'est pas question de remettre en question la décision du Conseil constitutionnel" sur la non-rétroactivité de la rétention de sûreté, a expliqué Vincent Vigneau, chargé de mission de la Première présidence.
[...]
Lundi midi, Vincent Lamanda n'avait toujours pas reçu la lettre de mission de Nicolas Sarkozy, détaillant les angles de réflexion qui devront être abordés. Selon une source judiciaire, cette mission devrait durer trois mois et Vincent Lamanda pourrait décider de s'entourer de spécialistes pour formuler des recommandations "
Rédigé par: biltoleta | 25 février 2008 à 14:59
La loi Dati est l'une des + grandes horreurs legislatives recentes (et je pese mes mots), aussi bien dans son contenu qu'en ce qui concerne le procede utilisé pour convaincre l'opinion publique de sa soit disante necessité.
Une fois de plus, on joue sur l'emotionnel.En effet, que ne ferait on pas si nos propres enfants etaient assassinés par un recidiviste? Mais justement, chacun d'entre nous sait tres bien qu'il ne reagirait plus à ce moment la comme un etre social capable de porter un jugement rationnel mais comme une personne desesperee, rendue folle par la tristesse et la colere et par consequent incapable de reflechir à une reponse "equilibrée", à une regle censée s'imposer dans un cas general car le cas justement ne serait plus general.Or, lorsqu'on legifere sur l'avenir du pays, il faut avoir un minimum de distance, seule garante de l'objectivité.Et je m'inquiete de cette methode recurente utilisée par la droite qui consiste à jouer sur les peurs et sur les emotions puisqu'il est evident que lorsqu'on est prisonnier de ses emotions, on perd sa capacité de citoyen objectif.Et on devient ainsi pret à accepter l'inacceptable.
Car il s'agit bien d'une loi inacceptable.Avec ce texte, ce n'est plus la justice mais le psychiatre qui decide du sort d'un individu qui a accompli sa peine et, par consequent, a payé sa dette.Aujourd'hui, il s'agit de condamnés en fin de peine mais demain, avec le meme principe consistant à se prononcer sur l'eventuelle dangerosité future d'un homme, peut etre s'agira t-il d'enfermer les gens preventivement afin d'eviter qu'ils commettent des crimes.
J'avoue que cette loi m'a fait immediatement pensé à l'excellent film de Steven Spielberg "Minority Report".Si j'etais cynique, j'ajouterais que le fait que le role principal soit tenu par Tom Cruise (c'est à dire l'idole de qui vous savez) pourrait etre interpreté comme un signe montrant comment la loi peut parfois se retourner contre son auteur mais la bienseance m'interdit d'aller + loin^^
Pour en revenir au comportement de Sarkozy justement, on se retrouve avec un hybride de Berlusconi et de Poutine.Son "exploit" lors du salon de l'agriculture a fait le tour du globe et la presse etrangere n'est une fois de + pas tendre avec lui.Il serait temps qu'il se souvienne qu'il est censé incarner l'ensemble du peuple francais car pour le moment, c'est à tout le pays qu'il fait honte.
Rédigé par: Seb | 25 février 2008 à 14:24
Quand on a fini cette lecture, après avoir lu "Cela va mal se terminer" de Cambadelis, on commence à avoir froid dans le dos, et on aboutit à la question de Bloggy Bag : que faire ?
Que pouvons nous faire, face à ce déferlement ?
Rédigé par: rolex5513 | 25 février 2008 à 14:03
Le discours sur la PAC, si peu européen, est infiniment plus scandaleux, en tout cas plus nuisible, que ses algarades de voyou fier-à-bras (après ses romances de joli-coeur).
Qui s'en soucie ?
Rédigé par: Vens | 25 février 2008 à 13:39
Que faire maintenant ?
Comment lutter contre le renoncement ?
Rédigé par: Bloggy Bag | 25 février 2008 à 13:22