Il y a quelques semaines encore, le Congrès du PS faisait la une de tous les journaux, il était – j’ai eu l’occasion de l’éprouver moi-même – le feuilleton à la mode, on se passionnait pour le grand combat qui s’annonçait, et qui devait donner une figure nouvelle au premier parti de l’opposition. C’est évidemment beaucoup moins le cas aujourd’hui. La crise qui se poursuit, et qui désormais traduit la perte de confiance de tous les acteurs de l’économie, malgré la riposte coordonnée des banques centrales hier, balaie tout sur son passage. Elle bouscule le dogme néo-libéral qui dominait depuis plus de vingt ans. Elle ébranle les fondements du système financier. Elle attaque l’économie réelle. Elle contraint les gouvernements à bouger. Elle conduit les socialistes à refuser l’unité nationale – comment consentir à une politique aussi imprévoyante, brouillonne, injuste, inefficace que celle de Nicolas Sarkozy ? – mais à faire preuve de responsabilité, en accompagnant les mesures prises pour sauver les banques, rassurer les déposants, financer les PME, en faisant des propositions pour une relance.
Que devient, dans ce contexte, notre Congrès ? Il se prépare, les argumentaires s’élaborent, de premières réunions se montent, des débats ont déjà eu lieu, comme mardi dernier à Paris, et tout cela va s’accélérer. À partir de lundi prochain, où je serai à Clermont-Ferrand aux côtés de Bertrand Delanoë, je partirai en campagne, tous les jours, dans toute la France pour défendre la motion dont je suis co-signataire. Reconnaissons toutefois que nous ne pouvons pas faire ce Congrès comme si de rien n’était, comme si la situation était banale, dans une sorte de « business as usual ». La crise affecte le Congrès de trois façons, au moins.
Elle questionne, d’abord, la pertinence de ce Congrès. Certains, comme Jean-Pierre Masseret, le Président de la Région Lorraine, plaident pour le rassemblement des réformistes au sein d’une motion commune. D’autres, pour le moment à mots couverts, évoquent la possibilité d’un report du Congrès, après la crise, le Parti se trouvant jusque-là animé par un collectif de direction. Je ne suis pas convaincu par ces solutions. Car, si je vois bien le côté un peu forcé d’un Congrès de confrontation entre les socialistes au moment où le monde, l’Europe, la France, connaissent un ébranlement majeur, même si j’ai moi-même plaidé, à l’étape antérieure, pour un autre Congrès que celui que nous vivons, je ne pense pas pour autant que nous devions à nouveau différer le changement dont notre parti a besoin, prolonger la situation actuelle ou rassembler artificiellement – et sur quelle base ? – des motions qui n’ont pu, jusque-là, s’entendre. Un rassemblement sera nécessaire, d’une façon ou d’une autre, au lendemain du Congrès. Mais la clarification, sauf événement extraordinaire, doit avoir lieu.
Le deuxième impact de la crise sur le Congrès touche la substance de celui-ci. Les motions déposées conservent une partie de leur pertinence. Elles se ressemblent, on le sait, sur bien des points. Elles diffèrent aussi sur d’autres, substantiels – sur la cohérence réformiste, sur l’engagement européen, sur le respect du vote des militants, sur la nature du parti. Mais elles parlent aussi beaucoup, et c’est normal, d’un univers qui est en train de passer, elles sont déjà en partie datées, tant la réalité est en train de dépasser nos analyses trop classiques d’hier. Il va dès lors de soi que nos débats doivent maintenant tourner, pour l’essentiel, autour du grand bouleversement que nous vivons. Et par rapport à celui-ci s’esquissent des divergences plus grandes qu’il ne pouvait de prime abord paraître. Benoît Hamon surfe sur la crise pour défendre une option respectable, mais que je crois erronée, prônant le retour au protectionnisme, le non-respect des disciplines financières européennes, la fin de l’indépendance de la BCE : il y a là matière à discussion. Martine Aubry appelle au « changement de système », faisant primer l’économie réelle sur la finance – oui, mais comment ? Ségolène Royal propose ce matin de « changer le capitalisme, de changer les objectifs du capitalisme devenu fou », sans vraiment démonter les ressorts de la machine. Je crois pour ma part nécessaire de travailler, de façon approfondie, à ce que peut être une cohérence réformiste, une approche internationaliste et européenne de la régulation, pour construire un nouveau monde. C’est de cela dont nous devons maintenant parler.
Troisième modification du Congrès : quelle gouvernance pour le parti ? Les Français, dans la crise, expriment une demande de réassurance, je dirais presque, si je ne craignais une rhétorique réactionnaire, d’ordre. C’est ce qu’ils demandent au pouvoir – qui ne parvient pas à produire un plan d’ensemble et d’ampleur. C’est aussi ce dont ils ont besoin de la part des socialistes : du sérieux, de la crédibilité, mais aussi de l’innovation, un mélange réussi d’expérience et de renouveau. C’est la raison pour laquelle plus que jamais, je suis persuadé que ce Congrès, difficile, un peu escamoté sans doute, ne doit pas se conclure dans la confusion, et qu’une motion – on devine laquelle - doit nettement arriver en tête pour permettre la stabilité. C’est ce à quoi je vais m’employer dans les semaines qui viennent.

@ Loukoulouk
C'est vrai que Rebsamen fait partie des nouvelles tetes..il n'a joué absolument aucun role à la direction du PS ces dernieres années...
Rédigé par: Seb | 13 octobre 2008 à 13:21
Décidemment JF Khan a raison il faut dissoudre le parti socialiste, ce parti n'a plus de raison d'exister. Il est urgent de construire une nouvelle gauche, une alternative crédible au PS, quelle honte ce parti au lieu de tirer profit de la crise économique, ses élites se tapent dessus....
http://www.parti-multiculturel-francais.fr
Rédigé par: Ahmed | 13 octobre 2008 à 11:15
@thomas : voila qui ne mange pas de pain. Moi je propose d'élire Merckel à la tête du PS et de faire des shows au zénith en slamant un mixte de Goethe et Jaures.
Portnawak. La crise actuelles des ambitieux incompétents n'a toujours pas servi de leçon à certains.
Rédigé par: Bloggy Bag | 13 octobre 2008 à 10:40
Je pense que P. MOSCOVICI a raté un destin au sein du PS. Je pense qu'à la place de M. AUBRY (qui n'est vraiment pas qualifié) Pierre aurait du être le premier signataire de la motion.
Pierre a fait preuve de traitrise et a retourner sa veste pour aller dans le camp de DELANOE/HOLLANDE/SAPIN/JOSPIN/GUIGOU ... bref tout ceux qui ont dirigé le PS de 1995 à nos jours.
Pierre a choisit la continuité en soutenant HOLLANDE; alors excusez-moi, mais la prochaine fois que Pierre fera une intervention sur le PS en denonçant les problèmes que connait le PS, et bien je rigolerais, car maintenant il sera associé à l'échec du PS.
Je vous soutenais monsieur MOSCOVICI, j'étais même pret, avec bon nombre de mes amis, à voter pour vous (et oui je suis un adhérent)car à mes yeux vous incarnIEZ (=imparfait)la fraîcheur et la modernité.
C'est vrai qu'après l'excellente intervention de S.ROYAL dimanche (crise économique, opposition à N.SARKOZY et conception du PS)je vais voter pour sa motion qui est, à mes yeux la plus moderne (avec COLLOMB/VALLS/REBSAMEN/GUERINI/FILIPETTI...)
Rédigé par: loukoulouk | 13 octobre 2008 à 09:10
Des propositions contre la crise financière
Participant au "Grand Rendez Vous" Europe 1 / Le Parisien, ce matin, Ségolène Royal a fait six propositions pour répondre à la crise économique et financière. Les voici :
1. Créer un ministère franco-allemand de l’économie préfigurant un futur gouvernement économique de la zone euro.
La crise actuelle démontre en effet la nécessité d’une politique économique européenne forte et d’un plan de relance à l’échelle de l’Union.
Ce ministère serait en particulier chargé de créer les conditions d’une croissance verte en investissant dans les technologies environnementales.
2. Agir pour le pouvoir d’achat en révolutionnant la fiscalité française.
Fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu et suppression d’une partie (20 milliards) de niches fiscales, qui permettraient par exemple de redistribuer 1 000 euros à 20 millions de familles, sous forme de baisse d’impôts.
3. Pour soutenir et accompagner les entreprises dans leur développement, constituer une véritable banque publique.
Constatant les insuffisances actuelles d’Oséo, cette banque serait adossée à la caisse des dépôts et consignations. Elle accorderait des crédits de court terme (trésorerie) et de long terme.
4. Imposer à l’ensemble des acteurs financiers le respect de la réglementation dite de Bâle 2.
Cette réglementation qui contraint les banques à détenir un euro de fonds propres pour 12 euros de crédits ne s’applique pas aujourd’hui à un certain nombre d’acteurs, notamment les fonds spéculatifs.
5. Agir contre les paradis fiscaux.
D’une part, engager une réflexion collective au sein de l’union européenne ; d’autre part, interdire aux fonds et aux banques domiciliés dans les paradis fiscaux d’investir sur les marchés de l’Union européenne
6. Contraindre les banques à conserver dans leurs bilans les créances qu’elles revendent aujourd’hui à d’autres acteurs financiers.
La crise actuelle est en effet le résultat pour une large part de la « titrisation ». Cette réforme devrait être faite dans l’Union européenne et dans les pays du G7.
Rédigé par: thomas | 12 octobre 2008 à 21:19
John_G
Tu dis que ça dépasse largement la question du congrès mais tu ne t'empêches pas de lier les propos de Rocard à la motion Delanoé.
Si tu veux jouer à ça, tu vas m'expliquer comment Manuel Valls a pu soutenir, ce midi même sur France2, le travail le dimanche.
Donc pour faire aussi gros que toi, je dirai que Royal est en faveur du travail le dimanche...
Pour revenir à Rocard, autant j'ai aucun problème à dire que son attitude vis à vis de Royal pendant la campagne n'a pas été géniale, autant je ne peux pas accepter les critiques qu'on lui adresse suite à l'interview au Parisien.
Ce n'est pas une question d'idolâtrie, c'est une question d'honnêteté intellectuelle. Je peux concevoir qu'on ne partage pas son analyse, pas qu'on l'assimile à un traitre.
Il n'a jamais accepté, que je saches, "l'union nationale" de Fillon. Faut arrêter de délirer.
D'autre part, en relisant l'article au Parisien, on voit ce qu'il concède à l'adversaire et les points sur lesquels il ne tient bon.
Après John G j'ai bien compris que Rocard c'était pas ta tasse de thé.
Rédigé par: Pablo | 12 octobre 2008 à 21:01
@Selene
Le système de retraite à points c'est le système suédois, les retraité suédois ont une retraite supérieur à celle des retraités français non pas parce que le système économique est différents mais parce qu'il y a un montant minimum garanti si les points sont insuffisants.
Pour ce qui est de Rocard, je pense que l'on devrait l'oublier et arrêter de s'en prendre à lui, ça ne sert à rien même si j'en ai marre que Sarko trouve toujours un socialiste pour le soutenir. Je n'oublie pas aussi que lui aussi n'a pas hésité à être méprisant envers Royal tout comme Jospin
Rédigé par: Amelle | 12 octobre 2008 à 20:46
@ John G
Ce qui est important, c'est de mener une opposition intelligente à la droite.Si nous nous contentons simplement de critiquer avec force, notre discours ne sera pas ecouté car il sera simplement perçu comme une tactique politicienne.
En revanche, tenir un discours + ouvert sur la forme tout en rapellant l'absurdité de la politique fiscale et budgetaire de la droite (ce qu'a fait Rocard, je le rapelle) est bien + profitable.Car nous donnons le sentiment de faire preuve de responsabilité tout en denonçant ce qui ne va pas.Lorsque les critiques sont moins systematiques mais mieux ciblés, leur portée est bien + importante.Lorsque la droite ne pourra plus hurler à l'oposition pavlovienne comme elle le fait souvent, elle perdra son principal argument.
Ensuite, que Rocard ai utilisé des mots malheureux est une evidence.Faut il pour autant le clouer au pilori? je ne le crois pas.
Rédigé par: Seb | 12 octobre 2008 à 19:19
La motion Collomb\Royal ne defend elle pas la retraite par points?
C'est curieux comme certain(e)s oublient bien vite ce qu'ils ont dit ou fait auparavant...
Ce système défendu par Madelin,sans le système économique qui va avec (système qui existe dans les sociales démocraties du Nord où l'idèe a été pécho), les retraites à points sont injustes et ne permettront pas à la majorité des personnes de s'assurer un revenu décent pour ses vieux jours.
Entre cela et les retraites par capitalisation, je ne sais pas quel est le plus mauvais système.
à côté, "celle qui ne dit jamais de mal de personne", n'hesite pas à envoyer ses porte flingues pour se moquer de l'un des plus respectables représentants de la sociale démocratie.
Et il faudrait avoir confiance?
C'est vraiment nous prendre pour (encore) plus bêtes que nous ne sommes.
Rédigé par: selene | 12 octobre 2008 à 19:02
@ Pablo et Jonas,
je ne suis pas d'accord, ce ne sont pas que des jeux de Congrès. Dans la période que l'on connait et les appels fallacieux à l'"union nationale" de la droite, ce n'est pas une question anodine.
Et je trouve que Pierre a été bien mou, pour ne pas dire autre chose, dans sa condamnation des déclarations de Rocard (certains l'ont même défendu sur ce blog). Et Delanoë ne s'en est jamais désolidarisé. Je suis désolé, c'est un sujet très important.
Rédigé par: John_G | 12 octobre 2008 à 18:52
JohnG
Je veux bien qu'on soit en période de congrès, mais si on pouvait éviter le jeux des petites phrases - en l'occurrence ici prendre une expression de Rocard - pour descendre un camarade et la motion à laquelle il appartient, on y gagnerait tous surement...
Rédigé par: Pablo | 12 octobre 2008 à 17:36
@ John G
Si c'est la question je ne suis pas du tout d'accord avec ce qu'a dit Rocard, il n'en reste pas moins que Ségolène Royal a un deficit de crédibilité assez handicapant (je dit pas que c'est une fatalité)... en tout cas pour ce qui me concerne quasiment tous les gens que je connais qui ont votés pour elle dès le premier tour l'ont fait sans croire en elle...
Rédigé par: Jonas | 12 octobre 2008 à 17:23
Décidément (je vous jure que ce n'est pas fait exprès) : http://www.dailymotion.com/Rive-gauche/video/x71pvx_segolene-royal-invitee-e1-12-octobr_news
Rédigé par: John_G | 12 octobre 2008 à 16:56
Voici le bon lien : http://www.dailymotion.com/search/segolene%2Broyal/video/x71p36_vincent-peillon-sur-europe-1-121020_news
Rédigé par: John_G | 12 octobre 2008 à 16:55
Pendant que certains déclarent que "Sarkozy représente une droite ouverte et intelligente", d'autres rappellent les faits et combattent:
http://www.dailymotion.com/Rive-gauche
Qui est "crédible" en définitive? A voir la haine délirante hier soir de Agacinski chez Ruquier, on comprend un peu mieux.
Rédigé par: John_G | 12 octobre 2008 à 16:54
@Bazar : mon introduction de post avait bien sûr un goût de provocation, même si je pense que le fait de s'engager avec les bons outils et la bonne analyse représente une bonne partie de la solution.
Je suis aussi tout à fait d'accord avec toi pour ce qui est des autres crises qui couvent ou ne disent pas encore leur nom, énergétiques, climatiques et comme ne manque pas de le rappeler DSK, alimentaire.
Rédigé par: Bloggy Bag | 12 octobre 2008 à 16:08
Pour les primaires ouvertes, je l'ai déjà dit plusieurs fois c'est kif kif entre les motions aubry royal et delanoé.
Sur la motion aubry, c'est clairement les mêmes recettes que les synthèses molles qui ont paralysées le parti...
Sur la motion Royal... j'ai vu Assouline sur BFM TV, question de Karl Zero "tu soutiens Ségolène mais est-ce qu'elle est fiable, par exemple en ce moment la crise etc..." réponse d'Assouline : "47% ont voté pour elle donc quand même..." problème : j'ai voté pour elle deux fois, parce que j'étais farouchement opposé à Sarkozy et que je voulais voter pour le PS, en clair, j'ai voté pour elle sans croire en elle, et sans la trouver fiable (ou crédible).
D'une manière générale, je constate que ce congrès risque fort d'être pourri par la guerre entre présidentiable pour la candidature de 2012 (et là c'est la faute de tous les "présidentiables"). Ce qu'il faut surtout je pense c'est une base de travail intellectuel, le réformisme clairement assumé et affirmé ("nous sommes tous des réformistes" dit la motion aubry, mais allez demandez ça à Mélanchon ou à Julien Dray quand il fait une réunion avec lutte ouvrière, et je ne cite que les cas extrèmes), ainsi qu'un programme de travail.
Si DSK avait été choisi en 2006, il aurait aussi été plombé par le programme du PS, donc, comme l'a dit Seb, si DSK revient (et de tout façon cela vaut pour tous les présidentiables) il aura besoin d'un parti rénové.
Quoiqu'il en soit, il faut que le PS trouve la voie d'une sociale-démocratie moderne (c'est à dire adapté au monde actuel qui change pas mal d'ailleurs) et européenne (l'Europe est inaudible, et en temps de crise c'est très mauvais)
@ Nathalie
"Ce gouvernement me donne la nausée."
Moi aussi
La repression est nécessaire mais negliger la prévention et vouloir mettre des enfants de 12 ans en prison c'est quasiment criminel(enfin je le vois comme ça).
Rédigé par: Jonas | 12 octobre 2008 à 15:02
Je voulais dire bien sûr "une politique répressive coûte bien moins cher qu'une politique préventive" désolée.
Rédigé par: Nathalie | 12 octobre 2008 à 10:08
Chère Biltolleta,
Mais enfin chacun a pu constater, ces derniers temps, que la prison était le lieu idéal pour éduquer des adolescents!
Ce gouvernement me donne la nausée.
Une Nation capable de mettre ses enfants en prison (quelle qu'en soit la raison) a fauté deux fois: une première fois en ayant rassemblé les conditions nécessaires à l'acte criminel ou délictuel (le profil social de ces gamins est tout de même symptomatique pas besoin d'être un grand psy ou sociologue!), une seconde fois en refusant de le reconnaître et en se débarrassant du problème (dans des conditions de plus condamnées régulièrement par la cour de justice européenne, l'ONU, Amnistie Internationale, la ligue des droits de l'homme, l'observatoire international des prisons).
On peut rajouter une troisième raison en soulignant le manque cruel de moyens dont disposent les associations qui travaillent auprès des enfants et des jeunes en difficulté ou la Protection judiciaire et de la Jeunesse....Une politique répressive coûte bien moins cher qu'une politique répressive.
Ce n'est pas un hasard si la grande ordonnance de 1945 sur l'enfance délinquante est sortie en 1945....
Nous perdons collectivement toutes notions d'humanisme. Pour ceux qui ont un adolescent de 13 ans chez lui, qu'il le regarde et qu'il se demande s'il le verrait en prison.
Comment Rama Yade peut-elle encore s'exprimer au nom des droits de l'homme dans d'autres pays?
Et...tout le monde s'en fout.
Rédigé par: Nathalie | 12 octobre 2008 à 10:06
C'est effectivement une surprise ce ralliement par défaut à B. Delanoë. Vous avez souvent, il n'y a pas si longtemps fustigé l'immobilisme et le manque de courage de Hollande pour réformer ce PS en profondeur après 10 ans à sa direction. Mais l'ambition comme l'amour, est parfois aveugle et trompeuse. Auriez-vous fait un deal avec Delanoë ? A moi le Parti, en numéro 1 ou numéro 2 actif contre mon soutien indéfectible sur ta tête en 2012 ? Pour quelqu'un qui a martelé qu'il ne fallait surtout pas lier les deux ... on peut s'interroger et se demander de quelle planète vous êtes tombés tous les deux pour vous rencontrer et espérer rallier à votre motion 50 % des voix des militants !
Rédigé par: topaz | 12 octobre 2008 à 01:09
Pierre Moscovici a écrit :
« [...] la réalité est en train de dépasser nos analyses trop classiques d’hier. »
Parlez pour vous ! ...
Rédigé par: AR | 11 octobre 2008 à 23:24
Dans le texte mis en lien par Jeff, méditez cette question :
"Prochains billets : Benoît Hamon pourra-t-il rejoindre La motion D ?"
Rédigé par: phiphi | 11 octobre 2008 à 22:27
http://www.mediapart.fr/club/blog/rene-lorient/071008/martine-aubry-et-ses-amis-pourront-ils-reconstruire-le-ps
Rédigé par: jeff | 11 octobre 2008 à 15:14
Bloggy Bag: dans ton message du 10 octobre. Tu dis que la crise financière est terminée. Autant je trouve l'ensemble de ton message particulièrement pertinent et au coeur de la crise actuelle. Autant je pense que techniquement cette crise financière n'est pas terminée. Rappelons que la crise est multiforme: financière, énergétique, alimentaire, hypothécaire, écologique, monétaire, politique. Pour prendre le simple aspect financier, tant qu'on n'aura pas les clefs pour réguler les relations économie réelle - économie monétaire, inutile de dire que nous maîtrisons la crise. Car les véritables répercussions sur l'économie réelle n'ont pas encore commencé. désolé de jouer les Cassandre. Mais cette fois c'était nécessaire il me semble... Bonne continuation.;,
Rédigé par: bazar | 11 octobre 2008 à 12:51
Quand tu dis: "Je crois pour ma part nécessaire de travailler, de façon approfondie, à ce que peut être une cohérence réformiste, une approche internationaliste et européenne de la régulation, pour construire un nouveau monde. C’est de cela dont nous devons maintenant parler."... je suis tout-à-fait d'accord avec toi.
Néanmoins je voterai probablement la motion F car elle au moins propose des idées nouvelles. J'ai beaucoup d'estime pour chacun et chacune. Néanmoins je ne crois pas crédible de laisser entendre que BD n'est pas présidentiable et ne sera pas à + de 90% tenté de se présenter en 2012. De même que face à la crise financière il faut à nouveau - aux Etats-Unis, comme c'était le cas avant 1999 -, séparer les banques d'affaires et les banques de dépôts... en France face à la crise politique il faut séparer: la fonction de présidentiable et celle de premier secrétaire national. Sinon risque - ou plutôt quasi certitude - d'implosion! Bon courage et à bientôt...
Rédigé par: bazar | 11 octobre 2008 à 11:30
j'ai l'impression qu'on caricature pas mal la motion C d'Hamon, Hamon est un réformiste qui a voté pour la déclaration de principe, il est pour l'économie de marché mais veux réguler le libre échange, donc il ne peux pas être contre.
Ce que je n'aime pas chez lui c'est sa façon de critiquer Trichet que moi je trouve pas mal, les trois propositions qu'il a développé à la mutualité contre la crise sont dans cette vidéo.
http://www.dailymotion.com/video/x701qs_intervention-de-benoit-hamon-a-la-m_news
1/ Avoir au niveau européen une direction de la BCE bicéphale coordonnée entre le directeur de la BCE et les politique européen probablement un mandataire. Sur cette proposition je n'ai pas encore une idée fixe mais je ne suis pas contre à priori cela dit si le politique est un type comme Sarko une BCE indépendante serait préférable mais si c'est pour avoir un directeur de la BCE aussi inconscient qu'un Alan Greenspan ex-gouverneur de la FED qui a eu l'idée desastreuse au lendemain du 11 septembre de favoriser les subprimes, à ce moment que les politiques mettent leur nez dans la politique de la BCE ne serait pas de trop.
Hamon propose aussi dans la foulé de renoncer au pacte de stabilité européen là je ne suis pas d'accord d'un vis à vis des partenaires qui eux ont fait des efforts pour le respecter et de deux parce qu'il nous faut des règles de gestion pour stabiliser l'Euro.
2/ La création d'un pôle financier européen qui pourra se substituer aux banques privé si celles ci se montre défaillante.
3/ Faire des restrictions au libre échange là ou celui ci pose des problèmes au pays concerner
Ces trois propositions on été proposer respectivement par Fitoussi, Stiglitz, Obama aucun de ces trois n'est marxiste, ceux sont plutôt des adeptes de Keynes.
Maintenant pour ce qui de la motion dont je suis pour l'instant la plus proche, la motion E. Il est vrai qu'il y a Rebsamen et Bianco mais comparé cela à la motion A ou on trouve Hollande, Jospin, Rocard, Vaillant, Guigou ....etc c'est vraiment exagéré.
D'un autre coté le nombre de têtes nouvelles ou pas très impliqué au niveau nationale est proportionnellement inversé par rapport aux anciens dirigeants PS, on trouve peut être Moscovici avec Delanoé mais avec Collomb/Royal il y a déja Collomb et Guérini qui n'ont pas eu de grand role nationalement parlant mais en plus on trouve Peillon, Valls, Batho, Phillipetti que moi j'aime bien, Assouline, Feltesse qui est le plus jeune président d'une communauté urbaine en France , Queyranne ...etc.
Les motions C et E sont pour moi les seules qui proposent un vrai renouvellent politique, fonctionnel et générationel, elles représentent l'avenir du PS à qui nous nous devons de faire confiance et d'encourager dans son travail de rénovation.
Pour ce qui est de 2012 il faut se mettre une bonne fois dans la tête que le premier secrétaire ne sera pas le prochain candidat au présidentiel
1/ Parce qu'il y a aura une mauvaise régionales qui peut être en plus début 2011 c'est a dire juste avant les primaires.
2/ Parce que les candidats concurrent du premier secrétaire feront tout pour le lui reprocher afin qu'il n'ai pas l'investiture que ce soit celle des militants ou celle des sympathisants.
Rédigé par: Amelle | 10 octobre 2008 à 23:36
pendant que certains font de savants calculs et bidouillages internes...
http://www.daily-bourse.fr/news.php?news=AFP081010191932.1qxqjesz
Rédigé par: dj | 10 octobre 2008 à 22:15
@Julien
C'est toujours un danger pour le PS que la guéguerre des présidentiables fasse du dégât, tout le monde en reste convaincu. Pour le moment, Pierre Moscovici soutient la motion A.
Es-tu capable de faire la différence entre soutenir une motion, et soutenir un candidat à la présidentielle qui ne se déclarera qu'en 2011 ?
Merci d'avoir posté ton commentaire.
Rédigé par: jpb | 10 octobre 2008 à 21:25
@ Thierry
Je trouve ce petit jeu legerement hypocrite.Que l'on reproche à la motion A la presence de la direction sortante en la personne de Hollande, fort bien, mais à ce compte là il faut faire preuve d'un minimum de coherence en rapellant que son numero 2, Rebsamen, est present sur la motion E.A partir de là, on peut considerer que la direction sortante se trouve partagée entre les deux motions.
Rapellons qu'il convient egalement de classer Royal parmi eux puisqu'elle fut la compagne du chef ainsi que le leader de fait durant la campagne presidentielle puisqu'elle etait candidate.A coté d'elle, Delanoé pourrait presque apparaitre comme un homme neuf, c'est dire...
Sinon, je suis ok pour dire que Valls et Peillon qui representent des espoirs futurs pour le PS sont en effet sur la motion E.Mais Pierre est au moins aussi prometteur pour l'avenir.Sinon je trouve que Filipetti est souvent surestimé..un Laurent Baumel, par exemple, lui est clairement superieur et pourtant lui se situe sur la motion D et non A donc à priori je n'ai aucun interet à le citer^^
Rédigé par: Seb | 10 octobre 2008 à 21:15
Je constate que depuis que vous avait retourné votre veste en soutenant un présidentiable alors que pendant des mois vous disiez que ça serait un danger pour le PS il y a de moins en moins de commentaires sur votre blog
Rédigé par: julien | 10 octobre 2008 à 20:21
è Seb
Parler de réformisme et, dans la même phrase dire que le choix de la motion A s'est fait "par défaut" me fait quand même sursauter. Du coté de la motion E, il y a sans doute les plus purs réformistes, alors que dans les rangs "delanoétistes" se retrouvent de vieux compères qui n'ont rien changé depuis qu'ils ont le pouvoir. Que chacun assume ce qu'il est. En terme de réformisme, au-delà du fait que je n'ai pas confiance en Delanoé qui s'avère être un homme de pouvoir, probablement uniquement, je n'échangerais pour rien au monde "mes" Peillon, Assouline, Belkacem, Filipetti, Valls et évidemment Royal contre "vos" Rocard ou Hollande, pour ne parler que des plus emblématiques.
Qu'il y ait des réformateurs partout, certes. Mais il n'y a qu'une motion qui incarne ouvertement la nécessaire réforme.
Rédigé par: Thierry | 10 octobre 2008 à 20:19
Je profite du blog de Pierre Moscovici pour appeler à une mobilisation massive le 19 octobre à Paris contre la politique de "liquidation" (dirait Pierre Moscovici!) de l'éducation nationale menée par Monsieur Darcos. Pour info, voir le lien: http://www.uneecole-votreavenir.org
Je suis désolée (et pas la seule à l'être!) que le PS ((à part Lang!) soit inaudible en ce moment sur l'éducation nationale alors que Darcos avance comme un bulldozer...
Je sais, il y a la crise financière, le congrès,...à force vous allez encore perdre quelques "fidèles" électeurs de gauche...
je compte sur vous le 19, il est tant qu'un signal fort contre la politique Sarko soit donné dans la rue...
Rédigé par: esperance | 10 octobre 2008 à 19:06
http://www.lepost.fr/article/2008/10/10/1284907_rachida-dati-veut-baisser-la-majorite-penale-a-12-ans.html
pour les commentaires aussi
au secours !!
Rédigé par: Biltoleta | 10 octobre 2008 à 16:21
Et pendant ce temps là...
*Le président de l'AN lance une idée, immédiatement critiquée par deux membres du gouvernement (dont le porte parole du Gouvernement et responsable de l'UMP)
*Rachida Dati propose d'abaisser la majorité pénale à l'âge de 12 ans.
Qui dirige ce pays?
Rédigé par: guillaume | 10 octobre 2008 à 14:14
@ Florent
Il ne faut pas confondre rassemblement des réformistes et union des contraires.Je pense que nous n'avons pas varié en ce qui concerne notre ligne: l'union des reformistes est evidemment souhaitable et il faut une clarification allant dans un sens reformiste afin justement que la future synthese se produise sur des bases reformistes.
Nous ne devons pas perdre de vue que le choix de la motion Delanoé a été decidé faute de mieux, presque par defaut.
Rédigé par: Seb | 10 octobre 2008 à 13:29
La motion prévoit des changements dans le fonctionnement du parti, impulsés notamment par Pierre
ça sera l'occasion d'une mise à plat et d'un travail sur les dysfonctionnements pour y remédier
Rédigé par: Biltoleta | 10 octobre 2008 à 12:30
@ Thierry qui écrit :
"Alors il y a un problème. Ce qu'a fait Bertrand Delanoé, dans la Parti, à Paris, est une catastrophe. Une ca-tas-tro-phe. un pouvoir sans partage, une mise à l'écart systématique de qui n'est pas de sa "sensibilité". On pourrait répondre: "Oui, mais c'était pour garder Paris, ça en valait la peine". Non. Je le répète, la morale en politique, ça a de l'importance."
Tu vas un peu loin dans tes accusations, sur un ton très virulent, mais il y a effectivement un problème et je partage en gros ton analyse.
J'ai cependant signé la motion de Delanoë, en considérant que c'est la moins mauvaise solution, en constatant que notre parti est très malade et en regrettant que Pierre n'ait pas choisi de déposer sa propre motion.
Rédigé par: Bangor | 10 octobre 2008 à 12:17
à Biltoleta
Alors admettons: Bertrand est un novateur et le Parti socialiste, sous son impulsion, va se rénover.
Tu cites même son action à Paris. Nous parlons bien du parti socialiste, n'est-ce pas ?
Alors il y a un problème. Ce qu'a fait Bertrand Delanoé, dans la Parti, à Paris, est une catastrophe. Une ca-tas-tro-phe. un pouvoir sans partage, une mise à l'écart systématique de qui n'est pas de sa "sensibilité". On pourrait répondre: "Oui, mais c'était pour garder Paris, ça en valait la peine". Non. Je le répète, la morale en politique, ça a de l'importance. De plus, l'autre soir à la Mutualité, s'il s'agît de rénover la Parti, que faisaient Anne Hidalgo et Isabelle Roy à la tribune ?
La première imposa "ses" ségolénistes lors de la constitution des listes pour l'élection municipale, au nom du respect des sensibilités et du collectif. Où croyez-vous que l'on retrouve ces noms aujourd'hui ? Dans la liste des signataires de la motion A ! Et la section Convention, dont la 1ère secrétaire est isabelle Roy, est probablement celle où la moindre velleité de rénovation a été le plus systématiquement tuée dans l'oeuf, violemment et au mépris de toute règle démocratique.
On me dira que j'utilise mon expérience personnelle pour juger. Mais lorsqu'il s'agît d'accorder ou non sa confiance à quelqu'un, il peut être utile de regarder ce qu'il fait au présent.
s'il on ajoute Michel Rocard - fort décevant à mesure que le temps passe - et François Hollande, symbole vivant de l'immobilisme dont chacun veut sortir aujourd'hui, on comprendra mon extrême scepticisme. C'est l'avenir de mon parti qui est en jeu.
Rédigé par: Thierry | 10 octobre 2008 à 11:26
L’impossible confiance
La crise financière est terminée. Techniquement du moins. Vous allez me dire que les performances des bourses mondiales permettent quelque peu d’en douter (7,4% pour le CAC au moment où j’écris ce billet). Vous avez en partie raison, à ceci près que le problème actuel n’est plus la maladie qui a déclenché la crise, mais la confiance qu’il semble impossible de retrouver.
La maladie d’abord. Pour ceux qui ne sont pas féru de finance et qui auraient jusque là échappé on ne sait comment aux diverses analyses, le diagnostic est clair. En résumé, le problème vient de l’utilisation irréfléchie d’un type de montage financier qui permet d’accroitre artificiellement la rentabilité financière des capitaux. Artificiellement car la richesse produite dans l’écomonie “réelle” n’est pas prise en compte et n’augmente pas. Le problème de ce mécanisme est qu’il augmente le risque et l’endettement. Pourtant, le mécanisme n’est en lui-même pas intrinséquement nocif, mais c’est son utilisation répétée dans le seul but d’une artificielle rentabilité purement financière qui a posé problème. Le risque est devenu réalité (tout le monde savait que cela arriverait dans un tel système), la dette est devenue perte, et le montant de la perte n’est pas couvert. Donc, la première étape de la solution a été franchie lorsque tout le monde a compris que ce mécanisme suicidaire était à stopper.
La deuxième étape de la solution de la crise est celle de la purge : les fautifs les plus nocifs ont fait faillite (pour les entreprises) ou ont été mis à la porte (pour les individus). Sanction minimale pour un crime planétaire. A un moindre niveau de faute, d’autres entreprises ont perdu leur liberté et d’autres individus ont été mis au placard. Techniquement, nous devrions touché à la fin de cette phase avec les grandes compagnies d’assurances qui elles aussi sont de gros acteurs financiers, normalement plus prudents car leur métier de base c’est l’analyse du risque. Reste à espérer qu’ils n’aient pas perdu le sens de leur métier…
Enfin, les acteurs financiers institutionnels (FMI, banques centrales, …) ont finalement remarquablement gérés la crise en jetant aux orties le dogmatisme misanthrope ultra-libéral et en retrouvant le sens commun.
C’est pour toutes ces raisons que j’ai écrit que la crise financière était terminée, ou en fait en passe de l’être. Alors pourquoi est-ce que cela continue à se casser la figure ? Pour répondre à cette question, il faut, il me semble, sortir de l’analyse économique et se replacer dans une lecture plus humaine et de relations interpersonnelles. On le dit, on le répète, le problème du moment c’est la confiance, alors pourquoi des gens éduqués et intelligents participent-ils si activement à détruire avec tant d’énergie des richesses (bien réelles celles-là) ?
Partons d’une grille de lecture fournie par l’école de Palo Alto (d’aucuns jugeront que d’autres grilles sont plus pertinantes, mais j’ai un faible pour ce courant de pensée et cela va éclairer mon propos). L’école de Palo Alto s’est penchée sur les problèmes de relations interpersonnelles au sein des groupes (à l’origine, l’objet étaient les thérapies familiales, mais cela est généralisable). Un des outils d’analyse de Palo Alto est de recherche les messages en forme de double contrainte, c’est à dire, de façon simplifiée, les messages entre individus dont la forme et en opposition avec le fond. Prosaïquement, si je vous dis “je vous aime” en vous mettant en même temps une grande baf, je vous envoie un message dont la forme (le bourre-pif) est en opposition avec le fond (l’amour). Dans un groupe normal, les personnes se fâchent et se séparent, mais il existe des cas de dépendance au sein des groupes qui ne permettent pas la séparation est qui obligent à prendre le message pour argent comptant, plaçant les individus dans une situation “schizophrénique” intenable (ici haine / amour). Alors, quel est le rapport avec nos banquiers ?
Tous les financiers de la planète sont dans une situation psychologique éprouvante, épouvantable pour certains. Des suicides se sont d’ailleurs déjà produits. Ils ont par ailleurs des raisons objectives de culpabiliser, une bonne part d’entre eux ont personnellement perdu beaucoup d’argent dans l’histoire et pour parachever le tout, leur credo quasi mystique de la croyance en une sorte d’immanente justice d’un marché libre s’est écroulé au fur et à mesure des nécessaires interventions des Etats. Pire, ils sont maintenant totalement dépendant de ces Etats.
Ensuite, pour échanger un message, il faut être deux. Le deuxième acteur est bien sûr le groupe des Etats dont on est maintenant totalement dépendant et dont on attend deux choses : apporter de la liquidité et de la solvabilité financière (là c’est à peu près ok) et de la confiance. C’est là que va naître le problème du message incohérent. Pour le comprendre, il faut regarder la photo du dernier “G4″ réunissant Brown, Merckel, Berlusconi et Sarkozy.
D’abord, première faute majeur, ce mini-sommet avait pour un de ses objectifs de montrer l’union des Etats. Photo catastrophique sur le perron de l’Elysée : il n’était que quatre là où toute l’UE était attendue, et à vrai dire où tout l’Eurogroupe n’aurait pas fait tache. Premier déphasage du message : nous sommes tous là vs nous sommes seulement quatre.
Passons à l’analyse plus détaillée de la photo. Brown c’est l’homme contesté du parti travailliste dont on se demande quand il prendra la porte. Pas rassurant. Merckel aurait pu être le pilier de la confiance, mais patatras, si dimanche elle affirme sa volonté de ne pas nationaliser, lundi elle est obligée de le faire. Pas terrible et pourtant en terme de confiance, c’était le meilleur du groupe. Berlusconi c’est l’image de l’Italie flambeuse et peu orthodoxe financièrement, mais c’est aussi la pire image du politique empétré dans des problèmes judiciaires qui ne trouvent de solution que par la déclaration de non-responsabilité des grands élus. Catastrophique en terme de confiance. Plus près de nous, il reste Sarkozy, hélas le plus catastrophique. En un an et demi, Sarkozy est son gouvernement ont accumulé les pires résultats économiques d’un gouvernement de la Vème République non soumis à une crise (si la crise fournit un alibi facile, c’est a posteriori des résultats obtenus). Notre ministre de l’économie, Christine Lagarde s’est illustrée depuis le début par un budget mensonger appuyé avec une insolence incroyable par des “tout va bien”. Enfin, Nicolas Schkoumoune s’est illustré par ses talents de bonnimenteurs en se déplaçant sur les points chauds et en promettant tout à tous ceux qui voulaient bien l’écouter (Acelor-Mittal, les pêcheurs et bien d’autres).
Comment peut-on espérer que ces politiques là puissent envoyer un message cohérent de confiance et de compétence ? Le message envoyé est typiquement situé dans une relation pathologique avec le monde de la finance, il n’a aucune chance d’être crédible et salvateur pour la confiance. Il est même anxiogène ce que nous constatons.
Que faire alors ? D’abord laisser parler et mettre en avant ceux qui incarnent la confiance : les banquiers centraux, le directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn, des personnalités comme Waren Buffet. Ensuite, pour ce qui est des politiques, il leur faut trouver le moyen de se redonner de la crédibilité, en commençant par remplacer leurs ministres (il n’est pas souhaitable de repasser par des élections à court terme) et en se mettant en cohérence avec les parlements nationaux et supra-nationaux. Et dans ce cadre là, et seulement là, l’idée de cohésion entre majorité et opposition dans l’intérêt de tous a un sens.
Techniquement, le plus difficile a été fait. Rétablir la confiance peut se faire très rapidemenent si la forme et le fond du message envoyé aux marchés sont cohérents. L’heure n’est plus aux bonniments de foire et nous payons à prix fort nos propres errements démocratiques qui nous ont fait préférer du rêve clinquant fabriqué de toute pièce pour les couvertures de magazines people à des hommes ou des femmes choisis pour leur sérieux, leurs compétences, leur intégrité intellectuelle et leur sens de l’Etat autant que de la citoyenneté.
Rédigé par: Bloggy Bag | 10 octobre 2008 à 11:22
@Thierry
Il y a une double rupture qui est à l'oeuvre au PS.
Celle qui consiste à tourner la page de tout ce qui n'a pas été le réformisme au XX siècle, et qui a conduit à céder sur l'éthique, c'est-à-dire que pour accéder au pouvoir, on s'est allié avec des personnes qui étaient en contradiction avec nos idéaux de toujours :
« Le bien-être pour tous et l'augmentation de l'autonomie »
Il y a donc un devoir d'inventaire à faire, qui nous impose des règles pour le futur, ne pas nous allier avec des groupuscules qui ne respecteraient ni nos idéaux, ni l'éthique du combat politique, le respect du vrai et de l'humain.
Ensuite le passage du fonctionnement du vieux PS, avec dégustation de couleuvres et luttes de personnes par le biais de courants, à un parti démocratique avec une majorité aux commandes et une minorité tentant d'y parvenir.
La première rupture est actée, et la deuxième ne peut se traduire dans les faits que lors d'une évolution conduite par une équipe fiable et solide, permettant une transition douce d'un mode de fonctionnement dépassé à un mode en accord avec le réformisme clairement assumé. Cette transition ne peut pas être menée par un quelconque présidentiable, elle doit être collective. On ne peut donc pas exclure la légitimité que représente l'équipe actuelle, qui est en charge de mener cette mutation.
Après l'échec de Ségolène Royal en 2007, il a été décidé les forums de la rénovation, qui ont conduit à une déclaration de principes portant sur une nouvelle identité gommant tout surmoi marxiste. Ne nous leurrons pas, il est encore à l'oeuvre dans certains esprits. De même, il ne sera pas facile de passer d'un système de courants à un système majoritaire. C'est le PS tout entier qui doit faire cette mue, et pour certains elle sera douloureuse sinon impossible.
Mais le bureau en place est en charge du congrès de Reims. Il reste donc à espérer que le renouveau du PS continuera, et que le Parti socialiste sera en ordre, pour effectuer le travail de définition d'un programme d'action et de gouvernement pour 2011. Le choix d'un présidentiable est pour le moment totalement prématuré.
L'imagination est là, encore faut-il lui laisser le temps d'aller à la rencontre des militants, pour que ce qu'elle propose soit assimilé. La raison impose de marcher à pas mesurés et de respecter un calendrier précis.
Rédigé par: jpb | 10 octobre 2008 à 11:21
il faut relire son billet, Pierre souligne l'impact qu'a la situation , difficile et évolutive, qui entre autres fait apparaître certains vrais clivages
il n'a pas dit sur ce billet qu'il ne fallait pas de rapprochements, mais qu'une phase de clarification préalable se révélait d'une nécessité accrue
de même , la situation étant instable et difficile, c'est un pôle stable et fort, cohérent et lisible, MAIS EGALEMENT NOVATEUR, qui pourra le mieux y faire face
il n'est pas question dans la motion A d'une reconduite de l'existant
relisez-la bien
de plus, Pierre n'a jamais été un immobiliste, et Bertrand agit et gagne, sur Paris
le reste n'est que parti pris
je ne vois rien de "Faurien" dans ce billet, plutôt une pertinente réflexion sur l'impact de la situation sur ce qui se passe au PS et les leçons à en tirer.
Rédigé par: Biltoleta | 10 octobre 2008 à 10:55
à jpb
Oui tu as raison, on ne peut savoir à l'avance qui peut incarner la démarche appropriée au monde que nus aurons en 2012. C'est une évidence.
Mais on ne peut pour autant négliger les enseignemenst de l'histoire, ancienne ou récente. Certaines avancées, certains bouleversements n'ont été rendus possible que par une rupture ou un changement profond d'approche.
Il y a, de mon point de vue, une constante caractérisant le Parti socialiste et son apport à la société française depuis 10 ans: un certain conformisme, des méthodes convenues qui, au bout du compte, ne changent pas le monde autant que nous le désirons. Les discours et les actes semblent englués dans une façon devenue prévisible est quasi-stérile de faire de la politique.
Et à quelques jours d'un congrès qui se voudrait fondateur d'une nouvelle page de notre grande et belle histoire, on sent encore un cruel manque d'imagination. La rupture fait peur, comme je le disais autrement, dans mon message sur la stabilité aujourd'hui pronée par Pierre Moscovici. Je suis vraiment atteré de voir que des socialistes, censés porter la réforme au coeur, puissent se suffire de la stabilité, face au monde actuel.
D'ici 2012, peut-être que quelqu'un d'autre rivalisera avec ségolène Royal pour réveiller ce parti sans imagination. Peut-être que des gens comme Vincent Peillon gagneront en influence, face à ces figures du passé que sont Hiollande, Fabius ou Aubry. Beaucoup de militants, je le répète ressentent une profonde aversion, qui s emue parfois en colère, face à ces programmes convenus, ces rafistolages et ces visions technocratiques et creuses de notre pays et de notre parti.
Pour l'instant, à un peu plus de 3 ans de la présidentielle, je ne vois personne d'autre que celle déjà citée, qui ose aller plus loin que les remèdes du passé. Je ne dis pas que ce qu'elle propose serait efficace. Je dis qu'elle a au moins raison de dire qu'il faut essayer autre chose. Si d'autres ont des idées nouvelles, qu'ils ne se gênent pas. Mais pour l'instant, c'est le désert. On se retrouve avec excatement ce que voulait éviter Pierre: deux candidats officiels au poste de 1er secrétaire, dont un qu'il a rejoint au nom du "raisonnable".
Ben on n'est pas sortis de l'auberge...
Rédigé par: Thierry | 10 octobre 2008 à 10:44
@Jeff
« vous avez un candidat pour gagner »
Mais non, on en a plein. En réalité n'importe quel citoyen est en mesure de se déclarer candidat à la Présidentielle. On est alors devant un problème purement technique, comment dégager le meilleur qui soit en phase avec l'électorat, qui soit fondamentalement imprégné de nos idéaux de toujours "Le bien-être pour tous et l'augmentation de l'autonomie », et qui incarne au mieux le programme du PS qui lui est circonstanciel à 2012.
On peut avoir un choix personnel actuel, on a aussi l'obligation d'attendre 2011 pour constater si ce choix est toujours d'actualité.
Rédigé par: jpb | 10 octobre 2008 à 10:23
Décidemment, Pierre, la consommation de couleuvres devient spectaculaire.
Après avoir plaidé contre l'immobilisme et la présidentialisation, te voilà chantre de "l'ordre" et de la "stabilité"
Après avoir plaidé sans relâche contre les clivages artificiels, et pour le rassemblement des réformistes dans une même motion, voilà que cette solution, proposée par un autre que toi, t'apparait désormais "artificielle" et "peu convaincante"
Merci, en tout état de cause, pour ce billet en forme d'hommage à Edgar Faure...
Rédigé par: Florent | 10 octobre 2008 à 08:59
Sur la stabilité.
C'est incroyable. Alors il n'y a rien à faire ?
Après 2002, on s'est dit:"Ne prenons pas de risque, choisissons la stabilité, restons groupés". Et rien n'a changé. Rien de rien.
Il y a eu la synthèse du Mans - catastrophique, de mon point de vue, sclérosant toute évolution, légitimant tous les courants et donc, toutes les querelles internes. Et rien n'a changé.
Après la défaite de 2007, on s'est dit : "Ne changeons pas, ce n'est pas le moment, il va y avoir les municipales".
Et rien, rien, rien ne change, à chaque fois, et c'est volontaire de la part de la direction. Et nous voilà dégringolés dans l'esprit des français, nous voilà symbolisant l'immobilisme, le manque d'innovation, la frilosité.
Et Pierre vient nous vendre aujourd'hui la "stabilité".
Non ! Pitié ! Avançons, prenons des risques, allons-y ! Osons autre chose, sinon nous sommes perdus ! Nous allons retrouver les mêmes têtes au sommet du parti, nous allons sacrifier une indispensable et vitale évolution sur l'autel de la "stabilité".
Mon Dieu. "Ils recommencent" vont penser les français. A quoi sert l'histoire, à quoi servent les enseignements du passé ?
Beaucoup de militants aujourd'hui, dans ce parti, n'en peuvent plus de la "stabilité". Ils veulent du changement ! Quelle surdité de la part de certains.
J'espère vraiment que la motion que je défends - la E - ou bien Hamon, vont faire un score forçant ces "stabilisateurs" à ne plus "stabiliser". Nous étouffons, les français étouffent, et on vient nous resservir les méthodes du passé. Quelle déception !
Rédigé par: Thierry | 10 octobre 2008 à 08:31
Pour ma part, je renonce à debattre avec Jeff.Ce sont toujours les memes rengaines et en + il a du mal à rester correct (les "pitoyables" et "trisomiques" n'ont rien à faire dans le debat..surtout que se servir du deuxieme comme insulte est indigne d'un progressiste).
Rédigé par: Seb | 09 octobre 2008 à 23:51
pauvre guillaume a dit
ce que je ne comprends pas dans l'argumentaire de jeff (mais j'ai peut être raté un épisode), c'est que je ne comprends pas pourquoi en cas de victoire d'Aubry, le chemin serait dégagé pour DSK. En quoi Aubry chercherait moins à s'imposer que Delanoé en candidate. En quoi elle ferait moins d'ombre à DSK. Si c'est la seule question des primaires, je n'y crois pas
tu n'n'y crois pas????? pourquoi????
as tu vecu novembre 2006?
dis moi dans la motion delanoe en quoi nous pouvons esperez une primaire ouverte?
aubry c'est dans sa motion d ;
Des primaires dignes de ce nom pour mettre le Parti en position de force face à la droite en 2012. Le débat collectif, ce sera aussi, le moment venu, la désignation de notre candidat(e) à l’élection présidentielle. Réglons cette question avec sagesse et souci de l’intérêt général. Notre réflexion sur la question des primaires par d’un double constat: personne n’est satisfait de la façon dont elles se sont déroulées lors de la dernière présidentielle ; elles n’ont pas permis d’enclencher une dynamique de rassemblement et de mobilisation de la gauche autour de notre candidate. La désignation de celui ou de celle qui nous représentera ne doit pas être le dernier acte d’une guérilla entre prétendants socialistes, mais le premier acte de la campagne contre nos adversaires de droite.
C’est pourquoi nous organiserons de vraies primaires. Elles auront lieu au printemps 2011, un an avant le grand rendez-vous avec les Français. Elles seront rythmées par d’authentiques débats contradictoires approfondis dans plusieurs grandes villes de France. Elles seront médiatisées afin que les adhérents, les sympathisants et les électeurs puissent se passionner pour le débat démocratique en notre sein. Aujourd’hui, ce sont les militants qui décident. Dans le dialogue avec nos partenaires, nous travaillerons à ouvrir plus largement la décision à ceux qui se reconnaissent dans le socialisme, afin de donner plus de force à notre candidat. Les principes et modalités seront arrêtés par le Conseil National
Rédigé par: jeff | 09 octobre 2008 at 21:12
Rédigé par: jeff | 09 octobre 2008 à 23:10
ce que je ne comprends pas dans l'argumentaire de jeff (mais j'ai peut être raté un épisode), c'est que je ne comprends pas pourquoi en cas de victoire d'Aubry, le chemin serait dégagé pour DSK. En quoi Aubry chercherait moins à s'imposer que Delanoé en candidate. En quoi elle ferait moins d'ombre à DSK. Si c'est la seule question des primaires, je n'y crois pas.
Rédigé par: guillaume | 09 octobre 2008 à 23:02
jpb a dit @Jeff
Il ne s'agit pas de faire des primaires opposant des candidats entre eux. Il s'agit d'éliminer avec le temps les candidats les moins bons, et de booster le dernier dans une dynamique de toute la gauche. C'est donc le principe même de 2006 qu'il faut modifier. Mais cette nouvelle façon de faire émerger notre candidat doit faire l'objet d'une convention nationale. Il est donc prématuré actuellement de la définir. Tous les socialistes détenant actuellement un mandat devront pouvoir se présenter, histoire de pouvoir les classer les uns par rapport aux autres.
jpb, continue de reagir come ça et en 2012 on va perdre!!!vous les socialistes, vous faites peine a voir, vous avez un candidats pour gagner mais ceux qui compte pour vous c'est pas les français mais des theories avec fabius le cactus, seb et les straussakanien, vous me faites pitiés....dsk dans une primaire elargie l'emporterai votez martine,ou donner la vistoire a sarko pour 5 ans de plus...
Rédigé par: jeff | 09 octobre 2008 à 22:33
En tout cas, à en voir les comentaires sur ce blog, les militants ne semblent pas avoir changé la teneur de leur discours avec la crise. Petites combines et attaques de personne comme d'habitude...
"qu’une motion – on devine laquelle - doit nettement arriver en tête pour permettre la stabilité."
Honettement, en l'état actuel, je ne pense pas qu'une motion sorte beaucoup du lot.
Perso, même si j'ai envie de vous suivre Monsieur Moscovici (en espérant que vous puissiez participer ensuite à la refondation du parti), j'ai encore des doutes...
Rédigé par: Tibob | 09 octobre 2008 à 22:26